A tout seigneur, tout honneur: Noé Preszow, tout récemment nominé aux Victoires de la musique, catégorie Révélation masculine. S'il n'a pas décroché la timbale, pas plus que Lous and the Yakuza chez les nouvelles artistes féminines, le jeune Bruxellois a incontestablement séduit une partie du marché francophone, France et Belgique incluses. Son arme: des chansons qui usent de la mélancolie pou...

A tout seigneur, tout honneur: Noé Preszow, tout récemment nominé aux Victoires de la musique, catégorie Révélation masculine. S'il n'a pas décroché la timbale, pas plus que Lous and the Yakuza chez les nouvelles artistes féminines, le jeune Bruxellois a incontestablement séduit une partie du marché francophone, France et Belgique incluses. Son arme: des chansons qui usent de la mélancolie pour faire frémir l'époque, via des mots et des sentiments organiques. Un premier EP sorti à l'automne dernier révèle ainsi deux (futurs) classiques, le "spleeneux" A nous et puis Que tout s'danse, irrésistible morceau dont le clip convoque toute l'empathie envers sa génération troublée. Signé sur le beau label parisien Tôt ou Tard (Vincent Delerm, Thomas Fersen, Dick Annegarn), Noé doit sortir son premier album le 2 avril via une distribution Pias. Il y a aussi des langueurs contemporaines chez Iliona, et l'exploration des relations amoureuses, celles qui tressent les 20 ans. Une poignée de chansons lâchées depuis une année sur le net définit sans peine un répertoire en français d'une fibre éminemment romantique, la jeune femme parvenant même à humaniser l'autotuning sur l'impeccable Reste. Chassant aussi quelques fantômes sentimentaux qui semblent parfois sortis des films seventies de Sautet: un premier EP d'Iliona, Tristesse, est paru en ce début février, distribué par Artside. A 180 degrés des deux artistes précités, le groupe bruxellois Azmari propose un premier album, Sama i, sorti fin janvier sur le label flamand N.E.W.S. Pas de paroles mais des aventures instrumentales qui chassent le groove du côté de l'Ethiopie, du dub jamaïcain et des terres orientales. Un mix forcément chaleureux qui étire la note, brûlante et chamarrée, dans une musique métissée qui fait du bien. Avec aussi un saxophone qui rappelle que le jazz n'est pas trop loin du son Azmari, celui en scène, dégageant une énergie revitalisante. A voir comme Noé et Iliona au printemps. Ou en été?