Le shadow banking pèse 128 milliards d'euros en Belgique. C'est ce qui ressort d'un rapport réalisé à la demande du ministre des Finances Johan Van Overtveldt par la Banque nationale de Belgique (BNB) et l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA), dressant ainsi pour la première fois une image complète dans notre pays du shadow banking, aussi appelé finance d...

Le shadow banking pèse 128 milliards d'euros en Belgique. C'est ce qui ressort d'un rapport réalisé à la demande du ministre des Finances Johan Van Overtveldt par la Banque nationale de Belgique (BNB) et l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA), dressant ainsi pour la première fois une image complète dans notre pays du shadow banking, aussi appelé finance de l'ombre, qui inquiète pas mal d'observateurs. Depuis la crise financière de 2007-2008, cette finance de l'ombre, peu ou pas régulée (hedge funds, private equity, etc.) connaît en effet une croissance quasiment ininterrompue. Selon le dernier rapport du Conseil de stabilité financière (FSB, Financial Stability Board), il n'a jamais pesé aussi lourd : 34.000 milliards de dollars dans les 28 pays analysés fin 2015, soit 70 % du PIB mondial et 13 % des actifs financiers, circulant dans le monde. Un chiffre énorme pour ces capitaux qui voyagent à travers le monde sans grande surveillance et qui, de par leur taille et leurs connexions avec les banques, font courir de gros risques à l'économie mondiale en cas d'accident. La BNB et la FSMA se veulent néanmoins rassurantes et disent ne pas avoir observé, à ce stade, de risques systémiques significatifs associés à la gestion de portefeuille et aux activités bancaires parallèles en Belgique même si un " suivi attentif " des évolutions dans ces deux types d'activités et des liens avec les autres secteurs de l'économie est nécessaire. Toujours est-il que le durcissement des exigences réglementaires visant à limiter les risques dans le secteur bancaire est généralement pointé du doigt pour expliquer le développement du shadow banking. En multipliant les règles plus strictes pour les banques (Bâle 3, etc.), les régulateurs pourraient en effet avoir paradoxalement alimenté la finance de l'ombre et son opacité. Sébastien Buron