Triste fin de règne pour Donald Trump. Après avoir essayé de bloquer par voie judiciaire l'élection de son rival Joe Biden (60 procédures tout de même), après avoir tenté de " trouver " 12.000 voix manquantes en Géorgie, après avoir demandé à son vice-président de bloquer l'intronisation du nouveau président, le milliardaire new-yorkais a fini par jouer la carte de la sédition. Bien entendu, il récusera le terme en précisant qu'il avait demandé officiellement aux manifestants de marcher pacifiquement sur Washington et non pas de saccager le Capitole.
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Triste fin de règne pour Donald Trump. Après avoir essayé de bloquer par voie judiciaire l'élection de son rival Joe Biden (60 procédures tout de même), après avoir tenté de " trouver " 12.000 voix manquantes en Géorgie, après avoir demandé à son vice-président de bloquer l'intronisation du nouveau président, le milliardaire new-yorkais a fini par jouer la carte de la sédition. Bien entendu, il récusera le terme en précisant qu'il avait demandé officiellement aux manifestants de marcher pacifiquement sur Washington et non pas de saccager le Capitole. Mais pouvait-il ignorer que des débordements auraient lieu avec des partisans chauffés à bloc durant des semaines après qu'il leur eut martelé ad nauseam que " leur " victoire avait été volée? Difficile à croire. Résultat: comme il n'a pas pu renverser les résultats de l'élection, il ne lui restera plus qu'à assumer la honte et le déshonneur d'une sortie par la petite porte. Les plus anti-Trump se diront: bon débarras. Surtout qu'ils auront appris que Twitter a décidé de suspendre définitivement son compte. Lorsqu'on sait que c'était son canal de communication principal, avec 88 millions d'abonnés, le coup est rude pour le futur ex-locataire de la Maison-Blanche. D'autant que d'autres réseaux sociaux ont également bloqué ses comptes, même si c'est de manière provisoire. Néanmoins, cette censure par une multinationale n'a pas suscité l'enthousiasme de la classe politique. Ni aux Etats-Unis, ni ailleurs dans le monde. Le président mexicain a dénoncé l'arrogance de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, après la fermeture momentanée du compte de Donald Trump. Plus près de nous, même des personnalités de la gauche radicale comme Jean-Luc Mélenchon ne se sont pas réjouis de cette nouvelle censure: " On peut se dire, un peu cyniquement, tant mieux. Mais si on acquiesce, cela veut dire que nous admettons le principe que les gens à qui nous confions les communications, les coupent. (...) Aujourd'hui, ce sont les interventions de Trump, demain, ce sera peut-être autre chose. Nous avons devant nous ce danger, que les réseaux sociaux nous soient coupés à nous aussi ", a commenté le leader de la France insoumise. En fait, derrière cette censure de Trump, il y a toute la question de la régulation de la parole publique par des sociétés privées. Est-ce à une société privée de sélectionner l'information gouvernementale à faire parvenir aux citoyens? Des plateformes comme Twitter, Facebook ou WhatsApp doivent-elles avoir ce rôle de censeur du gouvernement? Et comme le faisait remarquer un avocat, c'est aussi assez surprenant de voir Twitter et les autres réseaux sociaux réagir aussi tardivement aux propos de Donald Trump. Bref, la question est très claire: les lois sur les contenus haineux existent et toute personne qui se sentirait lésée par un tweet, une vidéo ou un message sur les réseaux sociaux a encore le droit de saisir la justice de son pays. Pourquoi donc Twitter ou Facebook remplaceraient-ils les juges? N'oublions pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Au final, les seuls gagnants de cette censure sont les complotistes américains qui y verront - une fois de plus - la main du " Deep State ". Bref, l'alliance des démocrates, de l'establishment médiatique et des sociétés technologiques californiennes. Joe Biden a gagné les élections mais il devra convaincre plus de 70 millions d'Américains qu'il n'est pas un imposteur. Vaste chantier.