Teresa Margolles, artiste mexicaine née en 1963, bénéficie d'une première exposition en Belgique, à Charleroi, au BPS22, un bâtiment néoclassique de fer et de verre datant du début du 20e siècle. Ce vaste espace au centre de Charleroi, consacré musée d'art de la Province du Hainaut, est le récipie...

Teresa Margolles, artiste mexicaine née en 1963, bénéficie d'une première exposition en Belgique, à Charleroi, au BPS22, un bâtiment néoclassique de fer et de verre datant du début du 20e siècle. Ce vaste espace au centre de Charleroi, consacré musée d'art de la Province du Hainaut, est le récipiendaire d'un travail disséminé au fil des salles. Avec une parcimonie qui étonne et qui déstabilise un peu : dans la grande surface principale du lieu, il n'y a à voir que les Empreintes de la rue, une série de moulages de visages d'habitants de Charleroi, alignés sur un mur. Espace quasi vide tout juste balancé à l'autre bout de la salle par des baffles encastrés, distribuant la parole des citoyens carolos. L'expo est donc partiellement ancrée dans la ville d'accueil - y compris avec deux enseignes lumineuses posées sur la façade du BPS22 - mais elle traite forcément des origines latino-américaines de Margolles via ce qui constitue la plus imposante des pièces présentées : une série de portraits des femmes assassinées à Ciudad Juarez (Mexique) depuis les années 1990. C'est la face réaliste d'un travail qui possède aussi une nécessaire distance, comme dans cette broderie réalisée par des artisanes boliviennes à partir du sang et des fluides corporels laissés sur un lieu de crime. Pour un tout qui questionne et, effet voulu ou pas, contribue à distiller un certain malaise.