Plus une crise est longue, moins le retour à la normale peut s'envisager. Parce que des solutions se mettent en place dans l'urgence, comme le télétravail ou des ventes en ligne, et qu'elles ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Mais aussi, explique Marie-Laure Moreau, managing partner pour la Wallonie chez EY, "parce qu'une crise est toujours un moment de réflexion pour une entreprise". "Il y a alors une recherche de sens par rapport à ce que l'on vit, dit-elle. Les comportements des consommateurs évoluent et cela crée de nouvelles opportunités." Pour bien les saisir, les entreprises doivent être en éveil bien entendu mais aussi très résilientes, c'est-à-dire capables de surmonter les chocs. A l'occasion de la rentrée économique de Trends-Tendances, de la Première et du Cercle de Wallonie, Marie-Laure Moreau évoque cinq clés pour actionner la résilience des entreprises.
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Plus une crise est longue, moins le retour à la normale peut s'envisager. Parce que des solutions se mettent en place dans l'urgence, comme le télétravail ou des ventes en ligne, et qu'elles ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Mais aussi, explique Marie-Laure Moreau, managing partner pour la Wallonie chez EY, "parce qu'une crise est toujours un moment de réflexion pour une entreprise". "Il y a alors une recherche de sens par rapport à ce que l'on vit, dit-elle. Les comportements des consommateurs évoluent et cela crée de nouvelles opportunités." Pour bien les saisir, les entreprises doivent être en éveil bien entendu mais aussi très résilientes, c'est-à-dire capables de surmonter les chocs. A l'occasion de la rentrée économique de Trends-Tendances, de la Première et du Cercle de Wallonie, Marie-Laure Moreau évoque cinq clés pour actionner la résilience des entreprises. 1. Les recettes classiques. Il ne faut pas forcément réinventer la roue: réduire ses coûts de production, augmenter la flexibilité de la main-d'oeuvre, rationaliser les structures, cela consolide toujours les bases d'une entreprise. La crise du Covid-19 est d'ailleurs parfois un prétexte bien utile pour faire passer des plans de restructuration d'un groupe. La situation vécue ces derniers mois devrait sans doute inciter à aller un peu plus loin et pousser les entreprises à revoir leurs chaînes d'approvisionnement. "Nous voyons les grandes sociétés diversifier les flux d'approvisionnement et reconstituer des stocks afin de mieux résister à de futures ruptures, analyse Marie-Laure Moreau. Iront-elles jusqu'à relocaliser certaines activités? L'idée a été souvent évoquée au début de la crise mais à ce stade, nous ne voyons pas grand-chose venir en ce sens. Il est encore trop tôt pour affirmer que cela pourrait se concrétiser. Relocaliser, c'est un véritable changement structurel, cela ne se décide pas en quelques mois. En revanche, revoir son approvisionnement, ça, oui, on peut le concrétiser assez vite." 2. L'agilité. Le terme est peut-être utilisé à tort et à travers mais pour la consultante d'EY, il demeure crucial pour les entreprises. "L'agilité, explique-t-elle, c'est ce qui vous permet de continuer votre business en trouvant de nouvelles manières de fonctionner. Quand Trends- Tendances et EY maintiennent la désignation, l'un, du Manager de l'Année, l'autre, de l'Entreprise de l'Année, ils font preuve d'agilité. Ils trouvent de nouveaux outils, de nouvelles manières de fonctionner pour continuer à offrir le service attendu par nos clients." Selon Marie-Laure Moreau, les entreprises belges ont globalement bien réagi et montré l'agilité nécessaire pour assurer le service attendu tout en basculant, parfois du jour au lendemain, en télétravail, en multipliant les réunions virtuelles, etc. Ces modes de fonctionnement devraient survivre, au moins partiellement, à la crise. Le cas le plus typique, ce sont toutes ces entreprises qui ont mis en place des solutions de commerce en ligne en quelques semaines alors qu'elles piétinaient ou hésitaient depuis des années. " C'est très surprenant, poursuit Marie-Laure Moreau. Des sociétés qui étaient déjà actives sur le net n'ont pas pu monter en puissance pour absorber le choc alors que d'autres ont réussi en partant de rien, ou presque, en matière de commerce électronique. " 3. Les aides publiques. Elles ont été mises en place pour réduire les problèmes de liquidité des entreprises et celles-ci doivent veiller à bien en "tirer parti", estime EY. 4. Les partenariats. Au coeur de la crise, des entreprises se sont associées pour produire des vaccins, bien sûr, mais aussi des masques ou des appareils médicaux. Decathlon a mis une partie de son personnel à disposition de Colruyt et proposé des espaces de retrait de colis à bpost (cette expérience-là fut de très courte de durée). "Une forme d'économie collaborative a émergé, analyse Marie-Laure Moreau. C'était dans une optique de 'se serrer les coudes' pour absorber le choc mais je pense que cela pourrait perdurer. Ensemble, on va plus vite et cela coûte moins cher. Maintenant qu'elles ont vu que c'était possible, je pense que certaines entreprises partageront plus facilement leur personnel, ne serait-ce que pour réduire leurs coûts." 5. L'éthique et la responsabilité sociétale. Ici, il s'agit de tirer déjà des premières leçons de cette crise. Marie-Laure Moreau est convaincue que la recherche de "sens" gagnera en importance. "Pour être efficace en télétravail, vous devez être convaincu par le travail que vous faites, dit-elle. Quand vous allez au bureau, vous avez vos collègues, des pauses-café, des afterworks, etc. Tout cela peut compenser un boulot qui ne vous passionne pas. Mais ce n'est plus le cas si vous êtes seul à la maison devant votre écran... Nous sommes en pleine crise et, pourtant, pas mal de diplômés quittent leur emploi pour se tourner vers d'autres formes d'économie." L'entreprise résiliente devra donc prendre des initiatives pour arrimer son personnel et, selon Marie-Laure Moreau, cela devrait ramener les préoccupations climatiques à l'avant-plan des stratégies d'entreprise. " Il y aura des pressions des collaborateurs et des consommateurs pour évoluer vers une économie plus écologique, affirme la consultante d'EY. Le souci de circuits courts, d'attention à la provenance des produits sera renforcé. Pourra-t-on encore maintenir longtemps des concepts comme l'obsolescence programmée? Je ne le pense pas. Avons-nous vraiment besoin de posséder une voiture - surtout si nous travaillons la plupart du temps à domicile -, un téléphone ou une machine à laver ou avons-nous plutôt besoin d'un service qui inclut la mise à disposition, l'entretien et le remplacement de ces objets? Ces préoccupations vont générer de nouveaux modèles d'entreprise et de belles opportunités pour celles et ceux qui sauront les saisir. "