Lancé en 2009, le Pacte 2020 ambitionnait d'augmenter annuellement d'un demi-point la faisabilité des emplois proposés en Flandre afin d'en mener le taux à 60% à l'horizon 2020. Elle en est loin. Pire, depuis 2013 l'écart se creuse avec, en 2019, moins d'un Flamand sur deux (49,6%) satisfait de son emploi.

Le point d'inflexion se situe en 2013. A l'époque, les satisfaits étaient encore 54,6% selon le l'analyse trisannuelle du SERV, le Conseil socioéconomique de Flandre. Le principal coupable est le stress qui touche en moyenne un travailleur sur trois mais connaît un accès de fièvre dans trois secteurs qui, ensemble, assurent en Flandre un quart de l'emploi. Tout d'abord, l'enseignement où 46,3% des personnes interrogées se sentent stressées, ce qui constitue une progression de 11% par rapport à 2013. Viennent ensuite, tous deux avec 39%, le secteur des soins de santé et, plus inattendu, celui des industries alimentaires. Dans les deux cas, l'augmentation du stress est d'environ 10%. En cause : le manque de personnel, de plus grandes exigences en matière de flexibilité, les changements incessants de modèles business, l'assertivité et, quelquefois, l'agressivité accrues des élèves, patients ou clients, sans oublier l'impact des nouvelles technologies qui souvent poursuivent les travailleurs jusque dans leur sphère privée.

Si l'on veut que les gens travaillent plus longtemps, il faut leur offrir des emplois faisables, commente Danny Van Assche, vice-président du SERV. Conscient du problème, le gouvernement flamand avait lancé en mai dernier des chèques de faisabilité ( werkbaarheidcheques) qui offrent, à concurrence de 10.000 euros par entreprise, une intervention de 60% dans le coût de mesures prises pour améliorer la qualité du travail. Mais ce soutien est temporaire (il ne court que jusqu'au 31 décembre de cette année) et, surtout, il ne concerne que le secteur marchand et enrage les partenaires sociaux.