Référence absolue du théâtre subventionné, Molière (encore lui ! ) est l'objet d'un culte très français qui débouche sur des pièces plus souvent académiques qu'emballantes. Fait relativement récent : l'auteur tricentenaire est de plus en plus souvent jo...

Référence absolue du théâtre subventionné, Molière (encore lui ! ) est l'objet d'un culte très français qui débouche sur des pièces plus souvent académiques qu'emballantes. Fait relativement récent : l'auteur tricentenaire est de plus en plus souvent joué dans le théâtre privé, brouillant les pistes entre ces deux branches rivales du spectacle vivant. Après le duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri l'an dernier pour Les femmes savantes, c'est au tour d'un autre classique, Le Tartuffe, de faire l'actualité du Théâtre de la Porte-Saint-Martin. L'acteur Michel Fau qui joue le rôle titre du faux dévot s'incrustant dans une famille de dupes, assure également la mise en scène. Son parti pris fantasque et baroque est pour beaucoup dans la réussite de cette comédie grinçante, sans doute la plus cruelle de Molière. Plus proche de l'opéra que du théâtre par son extravagance et son sens du travestissement, cette adaptation redonne des couleurs à cette fable sur l'hypocrisie et la bien-pensance, pour lequel Christian Lacroix signe les (superbes) costumes. C'est aussi l'occasion de voir l'immense Michel Bouquet dans le rôle d'Orgon. A 91 ans dont 75 ans de métier, l'acteur a encore la fougue d'un débutant. Jusqu'au 30 octobre au Théâtre de la Porte-Saint-Martin.