" Le shopping, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas ". Pareille phrase sonne bien aux oreilles des commerçants. Tellement bien qu'ils aimeraient y croire. Car l'espoir est l'une des conditions de leur survie.
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" Le shopping, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas ". Pareille phrase sonne bien aux oreilles des commerçants. Tellement bien qu'ils aimeraient y croire. Car l'espoir est l'une des conditions de leur survie. Mais hélas, les faits sont têtus et les commerçants devront apprendre à prendre leur mal en patience. Motif ? Le constat n'est pas à l'optimisme délirant : les commerces ont ouvert leurs portes ce lundi 11 mai et hormis le cas très médiatisé de Primark et de quelques autres enseignes, ça n'a pas été la ruée sur les magasins. C'est vrai, ceux de chaussures se sont plutôt bien débrouillés. Normal, le confinement n'empêche pas les pieds des enfants de grandir ! D'autres secteurs ont aussi été privilégiés, comme l'électroménager et les télécoms. Autrement dit, des achats importants comme des machines à laver ont juste été reportés. Quant aux smartphones, il semble que le public préfère les acheter en boutique plutôt que sur le Net. L'effet conseil, sans doute. Mais pour les autres commerces, la réouverture s'avère très poussive. Comme le faisait constater le SNI, le syndicat neutre des indépendants, à cette période-ci, les magasins sont supposés avoir réalisé 50% de leur chiffre d'affaires pour la période allant de janvier au mois d'août. Or, aujourd'hui, on parle royalement de 20% de chiffre d'affaires. Mais est-ce vraiment étonnant ? Il y a les autorisations officielles... et puis la réalité du terrain. Beaucoup de commerces ne retrouveront des couleurs que graduellement en raison de la faiblesse de la demande (le trafic moyen sera sans doute plus faible de 50%). Ensuite se pose la question de savoir s'il est même rentable d'ouvrir et de mobiliser du personnel pour accueillir juste quelques clients. Surtout si, pour attirer ces mêmes clients, les magasins et boutiques doivent pratiquer des rabais ! Et comme un malheur ne vient jamais seul, les commerces doivent aussi composer avec un personnel pas toujours disponible en raison de la garde des enfants. Mais que faire donc ? Rester fermé ? Pas idéal non plus : si le client passe devant le magasin et trouve porte close, pas sûr qu'il revienne encore. Bref, tout comme il est plus facile de nationaliser une entreprise que de la privatiser, rouvrir un commerce aujourd'hui s'avère plus compliqué que de le fermer hier. Le casse-tête de la sécurité Sanitaire aussi, freine l'acte d'achat. Surtout si, comme en France, on impose à la dernière minute une quarantaine de 24 heures aux vêtements essayés en cabine (sauf, bien entendu, à disposer d'un appareil qui permet de désinfecter à la vapeur). Prenons le cas des libraires qui ne sont pas encore autorisés à ouvrir. Ils devront faire en sorte que les chalands puissent se laver les mains avant et après avoir manipulé un livre. Bonjour les réflexes et adieu le plaisir ! Bref, les commerçants sont souples, agiles et de bonne volonté. Mais si les règles sanitaires sauvent des vies, elles font aussi disparaître le plaisir du shopping. Et donc, oui, " le shopping, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas ", mais pas à n'importe quelle condition. Nos commerçants devront s'armer de patience, la remontée de leur chiffre d'affaires sera lente. Vivement l'arrivée du vaccin !