Le 20 avril 2002, Pierre Rapsat (Raepsaet de son vrai nom) tirait prématurément sa révérence à quelques semaines de son 54e anniversaire. Destin d'autant plus cruel qu'après plus de trois décennies inégales, il venait de sortir son album le plus abouti. Ce Dazibao est aujourd'h...

Le 20 avril 2002, Pierre Rapsat (Raepsaet de son vrai nom) tirait prématurément sa révérence à quelques semaines de son 54e anniversaire. Destin d'autant plus cruel qu'après plus de trois décennies inégales, il venait de sortir son album le plus abouti. Ce Dazibao est aujourd'hui réédité dans un copieux double CD. Soit l'album original remastérisé à Abbey Road plus une seconde plaque de 13 titres rares et de reprises. Le nouveau mastering sert parfaitement le disque de 2001. Il rappelle que l'Ixellois d'origine, fils d'un père flamand et d'une mère aux racines catalanes, a composé pour l'occasion quelques morceaux supérieurs: Les rêves sont en nous, Adeu, Ensemble et ce superbe Jardin secret, sa chanson la plus sentimentale, peut-être la plus autobiographique. Le second disque s'ouvre sur Maurane interprétant sur scène, d'un magistral talent vocal, le même Jardin secret. Il est émouvant d'y entendre ensuite Rapsat chanter - toujours en live - Les rêves sont en nous et puis de le retrouver dans Les saisons, parfaite bluette spleen. On ne raffole pas des reprises discutables de Renato, Alexis ou du cover band Brasero, mais chouette mention tout de même au Flamand Johan Verminnen pour son Alle dromen zijn van ons. Et qui sait, l'ensemble déclenchera-t-il peut-être enfin une reconnaissance en France, territoire jusque-là peu sensible à la saga Rapsat?