Ces derniers temps, de plus en plus de leaders politiques de pays occidentaux ne jurent que par le protectionnisme. Ils annoncent des mesures pour entraver voire empêcher le libre-échange entre les pays en instaurant de nouveaux freins ou de nouveaux tarifs d'importation. Ce protectionnisme peut compliquer aussi bien le libre-échange que la mobilité des personnes. Pensez aux pays que fuient les réfugiés ou les migrants ou à la restriction des visas d'entrée aux Etats-Unis pour les citoyens de certains pays.
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Ces derniers temps, de plus en plus de leaders politiques de pays occidentaux ne jurent que par le protectionnisme. Ils annoncent des mesures pour entraver voire empêcher le libre-échange entre les pays en instaurant de nouveaux freins ou de nouveaux tarifs d'importation. Ce protectionnisme peut compliquer aussi bien le libre-échange que la mobilité des personnes. Pensez aux pays que fuient les réfugiés ou les migrants ou à la restriction des visas d'entrée aux Etats-Unis pour les citoyens de certains pays. Entraver le capital (d'investissement) est aussi une forme de protectionnisme. En Europe, des voix s'élèvent en faveur d'un contrôle approfondi des investisseurs étrangers sur le territoire européen. Cette attitude vise, entre autres, la Chine, qui, comme l'ont fait les Etats-Unis et le Japon précédemment, opère des rachats d'entreprises dans un certain nombre de pays. Par exemple, ce fut le cas pour le fabricant de robots Kuka en Allemagne, le port du Pirée en Grèce et de nombreuses banques occidentales dans lesquelles des entreprises chinoises ou même le gouvernement chinois veulent investir. Ce n'est pas la première fois que les entreprises ou les gouvernements chinois investissent en Europe - et dans le reste du monde - et y génèrent de nouveaux capitaux et emplois. Pourtant, l'Europe est préoccupée. Entre autres parce que les investisseurs étrangers nous achètent de la technologie, un des avantages compétitifs de l'Europe. Le gouvernement chinois a toujours exigé la création d'une joint-venture avec un partenaire local pour les investissements occidentaux, comme vecteur d'échange d'informations. A l'inverse, les entreprises chinoises viennent aujourd'hui acheter directement des entreprises en Europe, sans joint-venture. Certains occidentaux ont le sentiment que nous pourrions devenir des laissés-pour-compte économiques. Il y a quelques années, il s'est produit un phénomène similaire au Japon, qui compte environ 127 millions d'habitants alors que la Chine en totalise 1,38 milliard. Une tout autre échelle. Un certain nombre de pays émergents - comme l'Ukraine, le Mexique et le Vietnam - restent toujours partisans de la mondialisation et du libre-échange économique parce qu'ils y gagnent. D'autres pays, comme l'Inde et l'Arabie Saoudite, veulent utiliser la libéralisation et la privatisation pour attirer des investissements étrangers. Ils veulent ainsi promouvoir et développer l'économie Sud-Sud. Cependant, certains pays émergents, tels que les pays BRICS et l'Argentine, érigent des obstacles commerciaux pour protéger leur industrie locale et leurs emplois. La Russie, et son prédécesseur l'Union soviétique, est depuis longtemps protectionniste et a érigé des barrières commerciales afin de protéger son économie mais aussi à des fins politiques. Comment le gâteau sera-t-il finalement partagé ? Peut-être l'Europe est-elle trop conciliante et trop ouverte? Peut-être aurions-nous dû agir de manière plus protectionniste ? C'est pourquoi nous ne devons pas imiter Donald Trump et sa rhétorique, mais veiller à ce que des règles du jeu plus équitables s'imposent à tous. C'est précisément en raison de ces hésitations que les populistes se font entendre en Occident. Mais que le protectionnisme soit la bonne réponse, on peut en douter. Jusqu'à présent, 50 % du commerce mondial a été régulé par des accords commerciaux, multilatéraux ou bilatéraux. Cette tendance s'affirme et se développe. Même si aujourd'hui les accords sont principalement bilatéraux.