En 2009, à la sortie de la crise financière, le Portugal, soucieux de doper sa compétitivité et de se renflouer, a mis en place un système d'exemption fiscale destiné à attirer des étrangers à haut pouvoir d'achat. Appelé RNH pour résident non habituel, ce statut s'applique à des étrangers qui exercent des activités à haute valeur ajoutée (Madonna a ainsi élu résidence dans ...

En 2009, à la sortie de la crise financière, le Portugal, soucieux de doper sa compétitivité et de se renflouer, a mis en place un système d'exemption fiscale destiné à attirer des étrangers à haut pouvoir d'achat. Appelé RNH pour résident non habituel, ce statut s'applique à des étrangers qui exercent des activités à haute valeur ajoutée (Madonna a ainsi élu résidence dans la banlieue de Lisbonne il y a quelques années) mais aussi aux bénéficiaires de pensions privées perçues à l'étranger. Pour ces derniers, le RNH permettait d'obtenir, pendant 10 ans, une exemption d'impôt sur le revenu. Un système qui n'était pas applicable aux fonctionnaires retraités. Il va de soi que cette mesure, combinée à un coût de la vie et de l'immobilier très modéré et une météo douce l'hiver, a attiré les retraités en masse. Les chiffres récoltés à droite et à gauche font état de 50.000 Français, d'autant de Britanniques et d'environ 3.000 Belges. Dix ans plus tard, la mesure ne fait plus l'unanimité. D'une part, le Portugal va beaucoup mieux et présente même un excédent budgétaire (0,2% du PIB). Favoriser l'accueil d'étrangers aisés fait donc moins sens d'autant qu'ils ont contribué à faire monter le prix de l'immobilier pour les Portugais. Ensuite, arrivé au pouvoir, le Parti socialiste, qui ne dispose que d'une majorité relative au Parlement, se montre très sensible au sentiment d'injustice que les associations de retraités portugais relaient avec force depuis des années. En outre, cet avantage fiscal est jugé discriminatoire par certains juristes puisqu'il déroge au principe d'égalité devant l'impôt. A la place, les socialistes vont proposer un impôt unique de 10% aux détenteurs de statut RNH dont la demande est postérieure au 1er décembre 2019. Les autres voient leur exemption maintenue. Reste à sortir les calculettes et voir si le système reste intéressant malgré tout.