Tous les grands chantiers de Flandre sont à l'arrêt, à commencer par le plus important d'entre eux, l'Oosterweelverbinding dont les travaux ne seront en principe terminés qu'en 2030. Considérés comme le plus grand chantier d'Europe, ils doivent transformer le ring d'Anvers en vraie rocade via un tunnel sous l'Escaut qui, partant de la rive gauche, émergera près du Sport...

Tous les grands chantiers de Flandre sont à l'arrêt, à commencer par le plus important d'entre eux, l'Oosterweelverbinding dont les travaux ne seront en principe terminés qu'en 2030. Considérés comme le plus grand chantier d'Europe, ils doivent transformer le ring d'Anvers en vraie rocade via un tunnel sous l'Escaut qui, partant de la rive gauche, émergera près du Sportpaleis. Mais comment y amener des ouvriers tout en respectant les " distances sociales " actuellement imposées ? Comment exécuter sur chantier des tâches qui nécessitent la présence de plusieurs personnes au même endroit et, surtout, où trouver encore le personnel nécessaire ? Craignant de se voir durablement séparés de leurs familles par des limitations de déplacement de plus en plus sévères, un grand nombre de travailleurs originaires des pays de l'Est sont en effet précipitamment rentrés chez eux. Les travaux resteront probablement à l'arrêt jusque fin mai et lorsqu'ils reprendront, il faudra s'attendre à des difficultés de circulation d'autant plus grandes que, partout en Flandre, les chantiers routiers sont également à l'arrêt et, en particulier, la rénovation des viaducs de Wilsele sur l'E314 et de Gentbrugge sur l'E17. Cette défection subite de main-d'oeuvre n'inquiète pas que les entrepreneurs. Le monde horticole, lui aussi, est inquiet. Le printemps est à nos portes et, cette année, les saisonniers qui traditionnellement convergent par milliers vers nos labours et vergers ne viendront pas. Pour cueillir des primeurs comme les asperges ou les fraises, il faut environ 60.000 personnes, explique Vanessa Saenen, porte-parole du Boerenbond. Et il n'y a que 7.000 nationaux... D'où un déficit de plus de 100.000 bras et, si aucune solution n'intervient d'urgence, des récoltes qui pourriront sur place et interdiront de facto toute deuxième récolte en cours d'année.