En juin dernier, on assistait au triomphe du groupe anglais dans la vaste enceinte du 02 londonien, bondée de 20.000 Anglais bouillants. Pas complètement dans son élément naturel dans l'open space de Werchter cet été, le trio de Leeds trouvera davantage s...

En juin dernier, on assistait au triomphe du groupe anglais dans la vaste enceinte du 02 londonien, bondée de 20.000 Anglais bouillants. Pas complètement dans son élément naturel dans l'open space de Werchter cet été, le trio de Leeds trouvera davantage ses repères naturels dans la marmite intérieure forestoise. Créé il y a une décennie dans le milieu universitaire de Leeds, Alt-J n'avait a priori rien de gagnant pour le succès de masse, celui qui l'autorise pourtant à décrocher le prestigieux Mercury Prize anglais en 2012 ou à combler des salles comme le Madison Square Garden new-yorkais. Malgré le charisme underground des trois musiciens, la fièvre musicale surfe sur une pop inondée de mélancolie et de mélodies étincelantes, par exemple dans 3WW en ouverture du troisième et récent album, Relaxer. Quelque chose tenant de l'irrésistible sensation, voire du parfum irrationnel, irrigue une bonne partie du répertoire inscrit dans la tradition pop british supérieure. Celle qui tire son jeu d'un néo-classicisme parfois parfumé au gospel : Pleader, toujours sur le dernier album, est de cette trempe-là, comme la reprise du standard House Of The Rising Sun, à la fois intime et parfaitement radiophonique.