Du petit café à la coupe de cheveux en passant par l'achat de fleurs sur le marché, payer de manière électronique sera-t-il bientôt partout possible? C'est en tout cas l'ambition du ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V), chargé de mettre en oeuvre cette mesure figurant au chapitre "lutte contre la fraude" de la Vivaldi. "L'idée est de rendre l'offre de paiement électronique obligatoire dans tous les magasins, commerces, etc., nous confirme Miet Deckers, porte-parole de Vincent Van Peteghem. L'objectif est de créer un effet comparable à celui de l'introduction de la caisse blanche dans le secteur de ...

Du petit café à la coupe de cheveux en passant par l'achat de fleurs sur le marché, payer de manière électronique sera-t-il bientôt partout possible? C'est en tout cas l'ambition du ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V), chargé de mettre en oeuvre cette mesure figurant au chapitre "lutte contre la fraude" de la Vivaldi. "L'idée est de rendre l'offre de paiement électronique obligatoire dans tous les magasins, commerces, etc., nous confirme Miet Deckers, porte-parole de Vincent Van Peteghem. L'objectif est de créer un effet comparable à celui de l'introduction de la caisse blanche dans le secteur de l'horeca. Les consommateurs doivent pouvoir payer sans cash." Selon un récent sondage effectué par l'application mobile Payconiq développée par Bancontact, plus de la moitié des Belges souhaiteraient en effet payer plus souvent sans contact avec leur carte bancaire ou leur smartphone. Cela étant, du côté de l'Union des classes moyennes (UCM), on ne se montre guère enthousiaste à l'idée de voir les commerçants privés de cash. Comme l'explique Clarisse Ramakers, la directrice du service d'études, "nous sommes plutôt favorables à une liberté dans le chef du commerçant, qui doit pouvoir choisir le mode de paiement qui lui convient. Le paiement électronique a en effet un coût. Pour les petits montants, la marge peut être rapidement entamée. Il ne faudrait donc pas que l'initiative se transforme en une obligation de devoir prendre un terminal pour cartes bancaires. Des tas d'autres solutions existent sur le marché." "Par ailleurs, ajoute la responsable de l'UCM, on ne sait pas très bien ce que le gouvernement cherche: favoriser le paiement électronique ou éradiquer le cash? On peut entendre les arguments liés à la lutte contre la fraude mais il ne faudrait pas que tout cela se traduise par une série de charges déguisées alors que les commerçants ont déjà beaucoup de mal à se remettre de la crise." Ne faisant pas mystère de leur volonté de réduire le volume de cash en circulation pour des questions de coûts, les banques voient, quant à elles, plutôt d'un bon oeil l'initiative. "Nous plaidons depuis plusieurs années pour donner le choix au consommateur de payer de manière électronique, indique Rodolphe de Pierpont, porte-parole de la fédération bancaire (Febelfin). D'un autre côté, chaque commerçant doit pouvoir choisir le mode de paiement électronique le plus adapté à son activité. Il ne doit pas nécessairement s'agir d'un terminal de paiement par carte mais, par exemple, d'un versement via une appli bancaire, ou Payconiq, etc. Ces derniers mois, avec les risques liés à la manipulation des pièces et des billets, les consommateurs ont clairement opté pour les paiements électroniques. Les retraits aux distributeurs ont diminué de moitié. Nous sommes bien conscients que le cash ne va pas disparaître mais on peut clairement progresser vers une proportion plus grande de paiements électroniques", précise encore le représentant de Febelfin.