Nichée au milieu de nulle part, certes à portée de main de la dorsale wallonne, la fermette de Philippe Fauchet ne se découvre pas par hasard. Elle impose le détour. Le style de Philippe et Sylvia Fauchet se révèle dès qu'on pénètre dans la petite salle à manger surplombée par une mezzanine où trône, à côté de quelques tables et à la sortie de la cuisine, une trancheuse Berkel qui tient de l'oeuvre d'art. Le noir domine, renforcé par un léger éclairage indirect. L'ensemble est chaud et moderne à la fois. Veste... ...

Nichée au milieu de nulle part, certes à portée de main de la dorsale wallonne, la fermette de Philippe Fauchet ne se découvre pas par hasard. Elle impose le détour. Le style de Philippe et Sylvia Fauchet se révèle dès qu'on pénètre dans la petite salle à manger surplombée par une mezzanine où trône, à côté de quelques tables et à la sortie de la cuisine, une trancheuse Berkel qui tient de l'oeuvre d'art. Le noir domine, renforcé par un léger éclairage indirect. L'ensemble est chaud et moderne à la fois. Veste... noire, jeans, baskets et cheveux gris au vent, le chef annonce d'emblée la couleur : " Vous êtes prêts à décoller ? " Non seulement, nous avons décollé mais l'équipage a maintenu une altitude de croisière élevée et constante tout au long d'un voyage de plus de trois heures. Les vendredis et samedis soirs, le chef étoilé Michelin ne propose que deux menus : le Dégustation (cinq services - 90 euros) et le 24 (le même que le précédent mais avec un plat de homard en plus pour 130 euros). Deux menus qui existent aussi en version 100 % végétale ! Avant de se lancer dans le menu dégustation et pour accompagner un chouette apéro maison (vin blanc et sirop d'herbes et de racines), le chef met progressivement le turbo avec cinq mises en bouche qui laissent déjà entrevoir l'excellence de la soirée qui va suivre : caille aux épices du trappeur, lard laqué au beurre d'acacia, cochon ibérique au barolo, croque-monsieur au fromage d'Orval et beurre de truffe et soupe de cucurbitacées et crunchy de graines. Tout est gourmand et terriblement goûteux. Le menu va révéler la même maîtrise des équilibres, des cuissons parfaites et des saveurs qui éblouissent les papilles. Comme avec ce jus de Xérès lié au foie gras qui accompagne un canard de Challans merveilleusement fondant ou ce travail sur le vin jaune du Jura pour élever de grosses Saint-Jacques de Dieppe et des topinambours cuits au feu de bois. L'entrée végétale, à l'énoncé pourtant peu sexy (patates fumées, racines et légumes d'hiver), confirme le talent du chef pour sublimer les légumes. Des suggestions de verres de vin sont proposées pour chaque plat mais on ne saurait trop conseiller de se pencher sur une carte des vins cohérente et profonde. Nous y avons bu un Cornaline 2012 du Domaine Hauvette aussi rare en restaurant qu'épatant. Une toute belle soirée.