Si Ernest Pignon a rajouté un Ernest a son patronyme, c'est sans doute moins parce qu'il adore son prénom que par désir de se donner un miroir à lui-même et de pratiquer l'une de ses spécialités majeures : le trompe-l'oeil. Plasticien né à Nice en 1942, ce septuagénaire installé...

Si Ernest Pignon a rajouté un Ernest a son patronyme, c'est sans doute moins parce qu'il adore son prénom que par désir de se donner un miroir à lui-même et de pratiquer l'une de ses spécialités majeures : le trompe-l'oeil. Plasticien né à Nice en 1942, ce septuagénaire installé au Botanique pour une exceptionnelle exposition, travaille volontiers dans cette frontière qui floute la réalité et ses représentations. Il trouve sa voie au milieu des années 1960 lorsque, pour protester contre l'installation sur le plateau d'Albion de la force nucléaire française, il intervient en posant des images au pochoir sur les routes, roches et murs des environs. Ses interventions dans le paysage - urbain ou campagnard - se développeront au fil des décennies et de ses coups de coeur, via la sérigraphie que EPE aime pour son caractère éphémère, dicté par le temps. Artiste-interventionniste, Ernest Pignon- Ernest agit comme un buvard. Au Botanique, la très large exposition tenue dans l'espace généreux du musée, récoltée dans ses travaux des années 1971 à 2005, propose de nombreuses pièces sur La commune mais aussi des oeuvres sur la Pietà de Soweto ou sur ce cinéaste engagé que fut Pasolini. Avec toujours une inclinaison à la poésie et à l'imagination qui déborde toute idéologie.