L'auteure de Elle s'appelait Sarah et de Manderley for ever a publié son premier roman, L'appartement témoin, en 1992. Mais, comme cela arrive souvent dans un parcours d'écrivain, l'ouvrage n'était pas le premier qu'elle avait rédigé. D'autres pages, d'autres histoires dormaient dans des tiroirs. Et c'est l'un de ces romans oubliés, écrit alors qu'elle avait 30 ans, qu'el...

L'auteure de Elle s'appelait Sarah et de Manderley for ever a publié son premier roman, L'appartement témoin, en 1992. Mais, comme cela arrive souvent dans un parcours d'écrivain, l'ouvrage n'était pas le premier qu'elle avait rédigé. D'autres pages, d'autres histoires dormaient dans des tiroirs. Et c'est l'un de ces romans oubliés, écrit alors qu'elle avait 30 ans, qu'elle publie aujourd'hui après l'avoir redécouvert au cours d'un déménagement. Le fil rouge de Célestine du Bac ? La rencontre de Martin, âgé de 18 ans, et Célestine, dite "Titine", une SDF qui vit dans l'entrée condamnée d'un immeuble de son quartier. Orphelin de mère, morte alors qu'il n'avait que deux ans, et élevé par un père avec lequel il entretient des relations polies mais sans plus, Martin n'est pas de son temps: il utilise des formules de politesse surannées et ne s'intéresse guère à ses études. C'est l'écriture qui rapprochera le jeune homme de la SDF: lui travaille sur un roman où il rencontre le fantôme d'Emile Zola, elle rédige des carnets où elle consigne l'histoire de sa vie dans un style cash, sans fioritures. Une amitié profonde naîtra entre ces êtres qui n'auraient pas dû se rencontrer, un lien profond qui transformera la vie de Martin. Présenté comme une aventure initiatique, Célestine du Bac dissimule à peine son vrai sujet: la quête d'identité. En effet, grâce à cette rencontre hors des sentiers battus, Martin va non seulement se montrer capable de rompre les digues des sentiments qui le séparent de son père mais aussi se rapprocher du fantôme de sa mère, disparue tragiquement dans un accident d'avion. Un ouvrage qui nous fait découvrir une Tatiana de Rosnay bien différente de celle des livres qu'elle nous a livrés depuis, très subtil équilibre entre humour, drame et légèreté.