Les effets indirects du coronavirus sont particulièrement nombreux sur la planète web. Les consommateurs se tournent massivement vers l'e-commerce, les jeux vidéos en ligne et les séries en streaming. Sans la multiplication des contenus erronés et des fausses informations...
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Les effets indirects du coronavirus sont particulièrement nombreux sur la planète web. Les consommateurs se tournent massivement vers l'e-commerce, les jeux vidéos en ligne et les séries en streaming. Sans la multiplication des contenus erronés et des fausses informations... Les géants du Net prennent progressivement des mesures pour rectifier le tir et pour empêcher les dérives. Ainsi, Amazon a décidé de ralentir la livraison de " biens non-essentiels " et de ne plus accepter dans ses entrepôts que les produits qui peuvent être utiles en période de confinement. Et pour lutter contre les fake news, Google renvoie en priorité aux contenus de l'OMS, des gouvernements et des " médias bien établis ". Des mesures qui semblent tout à fait normales mais qui posent question quant au pouvoir que l'on accepte de conférer aux géants du Web et à leurs algorithmes. Sur quelle base privilégient-ils l'info gouvernementale à celle des médias ? Quels sont les critères pour déterminer quels biens Amazon accepte de stocker et de vendre ? Que la société laisse, sans débat, aux Gafa et à leurs algorithmes la liberté de faire de tels choix n'a rien d'anodin. Partant de là, cela signifierait aussi qu'on accepte de laisser aux opérateurs le droit de limiter l'accès à Netflix, à Fortnite ou Minecraft, pour assurer la stabilité du réseau, bafouant le sacro-saint principe de neutralité du Net. Plus délirant, Google pourrait aussi décider de limiter l'accès à la boîte e-mail d'un internaute parce qu'il n'y reçoit que des mails humoristiques pour privilégier celle d'un chômeur à la recherche d'un emploi. Amazon pourrait refuser de vous livrer cette BD pour votre enfant malade parce que ses algorithmes pensent qu'elle plaira plus à un voisin dont l'enfant est... encore plus malade, d'après vos dernières recherches en ligne. On n'en est (heureusement) pas encore là, mais ce qui est sûr, c'est que nous acceptons de plus en plus que les acteurs du Web et leurs algorithmes prennent le pouvoir. Nous l'acceptons souvent sans même le savoir et sans débat. Or, leur poids dans notre quotidien et dans notre démocratie mériterait que ces choix soient surveillés ou, à tout le moins, encadrés et débattus. Christophe Charlot // @chris_trends