Alors que le Brexit nous offre chaque jour son lot de rebondissements, on en vient tous à se demander : comment en est-on arrivé là ? L'auteur britannique Jonathan Coe nous fournit une piste de réponse dès le titre de son dernier roman : le désamour d'une certaine frange de la population britannique est né au coeur ...

Alors que le Brexit nous offre chaque jour son lot de rebondissements, on en vient tous à se demander : comment en est-on arrivé là ? L'auteur britannique Jonathan Coe nous fournit une piste de réponse dès le titre de son dernier roman : le désamour d'une certaine frange de la population britannique est né au coeur du pays. Originaire lui-même de Birmingham, il fait d'ailleurs de cette ville secondaire le terreau de sa saga démarrant en 2010, au sein d'une famille bourgeoise mais disloquée, croisant au fil des chapitres une foule d'autres personnages. L'écrivain construit par ce biais un puzzle d'opinions et de caractères, qui une fois toutes les pièces assemblées, éclaire la situation présente. Il y est question de la fin d'un pays nostalgique de son passé glorieux, d'intellectuels ayant perdu le contact avec le quotidien de leurs compatriotes, d'une classe politique aux manoeuvres de girouette et jouant avec le feu. S'il est impossible ici de davantage résumer ce livre fleuve, on ne peut que vous conseiller d'y plonger. Fluide, le récit se dévore comme l'on enchaîne les épisodes d'une série télé : des JO de 2012 à 2018, en passant inévitablement par le référendum de 2016. Nul besoin de grosses ficelles, suffisent les trajectoires confluentes d'une comédie humaine traçant un portrait d'époque diablement bien troussé. " L'Angleterre lui faisait l'effet d'un territoire calme et stable. D'un pays en bonne intelligence avec lui-même. " Se méfier de l'eau qui dort, dit le proverbe.