Succédant à Tu n'auras pas d'autre dieu que moi, Joann Sfar ajoute, avec ce septième volet des aventures du Chat du Rabbin, une symphonie supplémentaire à son hymne à la tolérance. Avec son savant dosage de questions existentielles, identitaires et philosophiques, Sfar reste au-dessus de la mêlée avec ...

Succédant à Tu n'auras pas d'autre dieu que moi, Joann Sfar ajoute, avec ce septième volet des aventures du Chat du Rabbin, une symphonie supplémentaire à son hymne à la tolérance. Avec son savant dosage de questions existentielles, identitaires et philosophiques, Sfar reste au-dessus de la mêlée avec une infinie sagesse et une absence de jugement. Ce qui ne l'empêche nullement de tordre le cou aux clichés et à ce qu'il convient bien d'appeler la triste connerie humaine. Dans la casbah d'Alger la Blanche, le chat instruit le bébé de son amie et confidente Zlabya en l'absence de cette dernière. Réaliste et lucide, le matou dit notamment que " C'est pareil pour toutes les religions. Ça vous sépare. Ça crée toutes vos guerres ". Le reste, si vous n'êtes pas familier de l'univers de Sfar, est à l'avenant. Le lecteur assiste à des joutes théologiques avec ce chaton dans le rôle de l'avocat du diable. Le dessinateur se sert de l'intrigue - l'inondation à la mosquée contraint l'imam et le rabbin à négocier afin que les musulmans puissent prier à la synagogue - pour renforcer les liens entre communautés. On en oublierait un graphisme épuré et reconnaissable entre tous, où chaque séquence bénéficie de couleurs particulières, tantôt sensuelles, âpres, lumineuses ou sombres. Rien de bien neuf sous le soleil de Sfar mais son sens de l'équilibre entre réflexion et divertissement fait toujours mouche.