Heureux d'être nominé, Brieuc de Meeûs, CEO de la Stib, ne le cache pas. " Surtout pour la Stib, qui me paraît très méconnue, c'est en cela aussi qu'elle est passionnante " estime-t-il.
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Heureux d'être nominé, Brieuc de Meeûs, CEO de la Stib, ne le cache pas. " Surtout pour la Stib, qui me paraît très méconnue, c'est en cela aussi qu'elle est passionnante " estime-t-il. Derrière les bus et les trams du quotidien, il y a une machine complexe qui construit la mobilité partagée de demain pour la capitale. " Peu de gens imaginent qu'il y a plus de 800 personnes dans les bureaux d'étude, car à côté de l'exploitation du réseau, nous préparons la Stib à absorber une clientèle qui augmente chaque année de 3 à 5 %. Pour répondre à ce défi, nous recourons à une large palette de métiers : des sociologues, des géographes, des ingénieurs. " En fait, les agents de conduite, qui représentent environ 3.700 personnes et sont le visage de la Stib, " ne représentent qu'une partie de nos effectifs ( 8.780 personnes au total, Ndlr) ". Avant d'arriver à la tête de l'entreprise en 2012, Brieuc de Meeûs poursuivait une carrière dans le privé. Cet ingénieur industriel formé à l'Ecam est passé par la Sabca, Hamon, Alstom Cegelec Systems & Services, et il a dirigé la société de handling Flightcare (rachetée par Swissport). Rien que du B to B avant d'arriver dans les transports en commun. " Je ne vois pas de différence dans les exigences et les objectifs de gestion que j'ai connus dans le privé et la Stib. " Côté financier, l'équation est différente : la Stib est une entreprise publique de la Région de Bruxelles-Capitale. Le client paie en moyenne 41 % du coût et le reste provient des subsides de la Région. Mais le défi est de parvenir à augmenter et améliorer l'offre tout en gardant une stricte discipline des coûts. A la fois pour répondre à la croissance démographique (+0,63 % en 2017), et aussi pour proposer une alternative efficace et attractive à l'automobile et lutter contre l'asphyxie de Bruxelles. La Région a chargé la Stib d'activer l'amélioration de l'offre, avec l'argument d'une " mobilité durable ". Les résultats sont là : en 2017, le réseau a réalisé 401 millions de voyages (+8 %). Même en comptant un effet de rattrapage sur 2016, année de stagnation avec l'attentat à la sation de métro Maelbeek, la progression reste très forte. Cela signifie qu'il faut continuer à accroître l'offre. La Stib est engagée dans une course pour tout agrandir : le réseau, les effectifs, etc. " Habituellement, nous investissons 150 à 200 millions d'euros par an, maintenant c'est le double, du jamais vu, même au plus fort du développement du métro dans les années 1970 et 1980 ", précise Brieuc de Meeûs. L'entreprise commande en masse : 235 bus hybrides, 43 rames de métro, 60 trams. Elle crée ou prolonge des lignes de trams, comme le 9, de Simonis (Koekelberg) à l'avenue de l'Arbre ballon (Jette), via l'UZ. Elle va lancer un nouveau métro de Forest (Albert) à Evere (Bordet), et redéployer son réseau de bus. Tout cela en roulant plus vert. La Stib met en effet en service des bus électriques de différentes technologies, à titre de test. " Pour équiper la totalité du parc, il y a encore des questions à envisager, prévient Brieuc de Meeûs. Le réseau électrique actuel ne pourrait pas absorber la demande de puissance pour recharger l'ensemble du parc, à moins d'organiser des délestages, ce qui est évidemment impensable. " Voilà un chantier pour demain, qui ne concerne pas que la Stib...