Longtemps considérée comme le joyau du Proche-Orient, Damas, " la ville du jasmin " en arabe, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le conflit actuel, débuté en 2011, n'est pas le premier outrage de grande ampleur subi par la cité, qui fut saccagée par les Mongols au 15e siècle, mais les clivages politiques d'aujourd'hui mettent en question sa reconstruction, y compris morale.
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Longtemps considérée comme le joyau du Proche-Orient, Damas, " la ville du jasmin " en arabe, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le conflit actuel, débuté en 2011, n'est pas le premier outrage de grande ampleur subi par la cité, qui fut saccagée par les Mongols au 15e siècle, mais les clivages politiques d'aujourd'hui mettent en question sa reconstruction, y compris morale. L'idée des Bruxellois de Moussem-Centre nomade des arts vient donc à point pour redonner un visage et une parole aux innombrables artistes syriens en exil. Et ce, dès l'ouverture du festival le 1er février au Palais des Beaux-Arts, avec Kashash (colombophile, en arabe) qui met à l'honneur la colombophilie syrienne, autrefois florissante, lors d'une soirée combinant installation, expo photo, art vidéo, documentaires ainsi qu'un hommage musical à sept compositeurs syriens. Le lendemain au même endroit, l'écrivaine Dima Wannous, parle - en français - de littérature. Le 6 février au Kaaistudio's, Moussem Cities Round Table, une table ronde - en anglais - est organisée sur le thème de la parole. Encore au Kaaistudio's, on peut cocher Damascus Café (8 et 9 février), spectacle frappant de l'actrice, auteure et metteuse en scène Lubna Abukhair. Cette exilée à Zurich raconte comment, arrêtée arbitrairement au début de la révolution syrienne, elle a été détenue pendant des années par le régime. Avec Trapeze (8 et 9 février), le cinéaste et chorégraphe Eyas Almokdad s'exprime sur la contamination d'une relation amoureuse par la guerre. Une dizaine d'autres activités sont encore présentées sur le site du festival. En dehors de celui-ci, hasard du calendrier, le 7 février, l'Espace Senghor propose le retour dans sa jolie salle etterbeekoise d'Interzone, puissant duo composé de Serge Teyssot-Gay, fameux pour avoir été le guitariste de Noir Désir, et d'un autre musicien d'envergure, le Syrien Khaled Al Jarami, virtuose de l'oud. Ensemble, ils proposent Kan Ya Ma Kan, titre que l'on peut traduire par Il était une fois...