En lançant cette fusion, l'UCL et l'Université Saint-Louis ont ressuscité en partie un projet abandonné en 2010. L'UCL avait négocié une fusion avec les FUCaM à Mons, l'Université de Namur et l'Université Saint-Louis. Le prédécesseur de Vincent Blondel, Bruno Delvaux, n'avait pu obtenir l'accord de l'Université de Namur. Seules les FUCaM ont rejoint l'UCL, pour devenir UCL Mons. Saint-Louis, qui avait voté pour, s'était finalement retirée.
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En lançant cette fusion, l'UCL et l'Université Saint-Louis ont ressuscité en partie un projet abandonné en 2010. L'UCL avait négocié une fusion avec les FUCaM à Mons, l'Université de Namur et l'Université Saint-Louis. Le prédécesseur de Vincent Blondel, Bruno Delvaux, n'avait pu obtenir l'accord de l'Université de Namur. Seules les FUCaM ont rejoint l'UCL, pour devenir UCL Mons. Saint-Louis, qui avait voté pour, s'était finalement retirée. A l'époque, ce projet ne fâchait personne : les pouvoirs publics l'avaient d'ailleurs encouragé. Ils avaient créé en 2004 trois académies : Wallonie-Bruxelles avec l'ULB et l'Université de Mons, Wallonie-Europe avec l'ULg, et l'académie Louvain avec l'UCL, les FUCaM, la FUNP (Université de Namur) et les FUSL (Université Saint-Louis Bruxelles). Les fusions espérées ne s'étant pas toutes produites, le ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, a alors sorti un nouveau projet, celui du décret Paysage, qui réunit les universités et les hautes écoles. Il instaure une académie unique, l'Ares (Académie de recherche et d'enseignement supérieur), donnant des avis sur les demandes d'habilitations (de nouveaux diplômes). Les établissements sont regroupés en cinq pôles académiques géographiques, où sont discutées les collaborations à la fois sur l'enseignement et l'infrastructure : Bruxelles, Namur, Liège-Luxembourg, Hainaut, Louvain-la-Neuve.Notons que ce décret fort complexe ne remettait pas en cause la logique de réseau qui persiste en Belgique, avec l'enseignement catholique et le réseau laïque. Il cherchait, entre les lignes, à susciter des collaborations dépassant ces clivages. Il serait délicat de bloquer la fusion UCL-Saint-Louis au nom d'une logique géographique pure et dure. Elle est déjà démentie par la structure géographique actuelle de l'UCL, présente sur trois pôles géographiques (LLN, Bruxelles et Mons). L'UCL s'est du reste pliée à regret au décret Paysage car la logique géographique des pôles collait mal à sa présence fort étalée. La fusion projetée peut confirmer cette réticence, mais une bataille rangée paraît bien risquée. Elle ne fera que raviver un antagonisme historique et créer une crispation peu favorable aux collaborations tant souhaitées par le décret Paysage.