La faiblesse du dollar américain et la vigueur de l'euro sont au centre de l'actualité monétaire cette année. L'indice dollar (DXY), qui confronte la valeur de la devise américaine à dix autres devises, a déjà dû abandonner cette année plus de 9 %. La monnaie unique européenne, en revanche, s'est hissée l'été dernier à des sommets historiques. Le rapport euro/dollar a franchi le mois dernier le cap des 1,2, et a atteint ainsi son niveau le plus élevé en près de trois ans. L'économie de la zone euro se porte é...

La faiblesse du dollar américain et la vigueur de l'euro sont au centre de l'actualité monétaire cette année. L'indice dollar (DXY), qui confronte la valeur de la devise américaine à dix autres devises, a déjà dû abandonner cette année plus de 9 %. La monnaie unique européenne, en revanche, s'est hissée l'été dernier à des sommets historiques. Le rapport euro/dollar a franchi le mois dernier le cap des 1,2, et a atteint ainsi son niveau le plus élevé en près de trois ans. L'économie de la zone euro se porte étonnamment bien cette année. Concernant la croissance du produit intérieur brut, le consensus est à environ 2 %. L'année 2017 constituerait dans ce cas le meilleur cru en la matière depuis 2010. En outre, le risque politique en zone euro a sensiblement diminué. Aux États-Unis, l'allègement des stimuli monétaires est nettement plus lent qu'attendu parce que la croissance peine à décoller et l'inflation reste en retrait. Depuis la dernière réunion monétaire de la Fed en date, la perception du marché a toutefois changé. La Fed a confirmé sa nouvelle intervention en décembre. Trois relèvements de taux supplémentaires sont par ailleurs au programme de l'an prochain. Le dollar pourrait dès lors regagner du terrain en septembre. Il peut sembler étonnant que l'euro prenne déjà de la hauteur alors que la BCE n'a pas encore relevé ses taux ni réduit son bilan. Mais cette appréciation n'est autre que le résultat d'anticipations par les marchés. Le cours du dollar avait aussi déjà augmenté en 2014 et 2015, lorsqu'un resserrement monétaire était pressenti. Si bien qu'au premier relèvement de taux par la Fed, le cours du billet vert intégrait déjà l'essentiel de la hausse. La probabilité est grande que ce scénario se répète en zone euro. Le mois dernier, plusieurs membres de la BCE ont exprimé publiquement leur inquiétude quant aux conséquences d'une hausse rapide de l'euro/dollar sur la position concurrentielle. Le marché semble les avoir entendus, et le cours de la paire s'est replié à 1,17. Nous ne nous attendons pas à ce que Mario Draghi prenne cette année des décisions concrètes au sujet de la politique monétaire européenne. Cela dépendra des indicateurs macroéconomiques, parmi lesquels l'inflation, surtout, est déterminante. L'ancienne résistance de l'euro/dollar à 1,15 est devenue soutien. Selon nous, le ratio évoluera dans les prochains mois dans une fourchette de 1,15 à 1,25. À court terme, le dollar pourrait se redresser légèrement. Nous exploiterions un repli vers 1,15 pour reprendre des positions longues sur l'euro/dollar.