"C'est cela, le bilan du 1er mai?" Le député Raoul Hedebouw (PTB) a relayé au Parlement le désarroi syndical après l'annonce de la proposition de médiation sur la norme salariale, déposée par le gouvernement fédéral. Cette proposition entérine en effet le plafond d'augmentation de 3,2% (index + 0,4%) que les représentants des travailleurs jugent dérisoire. Les syndicats pointent du doigt la loi de 1996 sur la compétitivité...

"C'est cela, le bilan du 1er mai?" Le député Raoul Hedebouw (PTB) a relayé au Parlement le désarroi syndical après l'annonce de la proposition de médiation sur la norme salariale, déposée par le gouvernement fédéral. Cette proposition entérine en effet le plafond d'augmentation de 3,2% (index + 0,4%) que les représentants des travailleurs jugent dérisoire. Les syndicats pointent du doigt la loi de 1996 sur la compétitivité. Ils veulent modifier la méthode de calcul de la norme salariale ("son logiciel de trucage doit disparaître", dit la CSC) et la rendre indicative et non plus impérative pour les négociations sectorielles. Les instances syndicales pourraient décider d'actions de protestation dans les prochains jours. Le gouvernement espérait adoucir cette opposition en mettant sur la table une prime Corona pouvant aller jusqu'à 500 euros net et que les secteurs ou entreprises pourraient offrir à leurs travailleurs sous la forme d'un chèque consommation. Cette prime n'est assortie d'aucune règle de croissance du chiffre d'affaires et peut donc potentiellement être très largement distribuée. "Tout en maintenant la compétitivité de notre économie, nous voulons donner à tous les employeurs qui le souhaitent la possibilité de récompenser les travailleurs avec qui ils ont traversé cette crise, a commenté le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld). Nous prenons ainsi en compte la notion de solidarité, très importante pour nous." Parallèlement, le gouvernement invite les partenaires sociaux à formuler des propositions sur la pension complémentaire, les heures supplémentaires et la hausse du salaire minimum. Ce dernier a en effet progressé moins vite que les salaires moyens et médians depuis 2008. Des coups de pouce fiscaux et parafiscaux pourraient soutenir les propositions des partenaires sociaux. "Cela fait partie de l'accord autour de la norme salariale, précise le ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS). Tous les éléments de l'accord doivent être respectés et exécutés de bonne foi."