Warren Buffet, l'un des hommes les plus riches du monde, a coutume de dire que " c'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui se baignent nus ". Avec la pandémie, on voit aujourd'hui les patrons qui bougent et puis les autres. Celui de la KBC fait clairement partie de la première catégorie. Motif ? Sa banque a étonné les journalistes les plus blasés en décrochant un contrat exclusif avec la société Eleven Sports, détentrice des droits médias du championnat de Belgique de football pour les cinq prochaines années. Grâce à cet accord, KBC/CBC permettra à ses clients de voir en direct les moments forts et les buts de leur équipe préférée lors ...

Warren Buffet, l'un des hommes les plus riches du monde, a coutume de dire que " c'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui se baignent nus ". Avec la pandémie, on voit aujourd'hui les patrons qui bougent et puis les autres. Celui de la KBC fait clairement partie de la première catégorie. Motif ? Sa banque a étonné les journalistes les plus blasés en décrochant un contrat exclusif avec la société Eleven Sports, détentrice des droits médias du championnat de Belgique de football pour les cinq prochaines années. Grâce à cet accord, KBC/CBC permettra à ses clients de voir en direct les moments forts et les buts de leur équipe préférée lors des rencontres de la Jupiler Pro League. Faut-il le préciser, voir une banque endosser le rôle d'un diffuseur d'images de football en direct, c'est une première en Belgique et sans doute aussi au niveau mondial. D'habitude, les logos des banques sont visibles sur la poitrine ou le dos des joueurs. Mais ici, pas du tout, l'accord est uniquement destiné à enrichir l'application bancaire de KBC/CBC. L'initiative a d'autant plus étonné que KBC/CBC est la seule des quatre grandes banques du royaume à ne pas être sponsor d'une équipe de football. Le nouveau service proposé (Goal Alert) ne sera d'ailleurs pas vraiment gratuit : seuls les clients ayant un compte payant pourront avoir accès à ces buts ou à ces résumés de matchs. Mais bon, aujourd'hui, 80% des clients de la KBC/CBC ont un compte payant. Quant aux autres, les non-clients, ils pourront s'offrir ce service grâce à un abonnement mensuel qui ne devrait pas coûter plus cher qu'un cheeseburger, rassure la KBC/CBC. Pareille stratégie s'appelle le " beyond banking " dans le jargon des banquiers qui n'arrivent plus à parler leur langue maternelle. Le commun des mortels comprendra que les banques vont " au-delà des services bancaires classiques " pour fidéliser et satisfaire leurs clients. Lorsque votre banque vous propose des tickets de bus, de train, de cinéma, de parking, de faire votre plein d'essence sans carte ou vous met en relation comme le fait Belfius avec des hommes de métier pour réparer une fuite d'eau par exemple, c'est du... beyond banking ! C'est une manière intelligente de fidéliser les clients via le divertissement, et d'augmenter leur temps d'écran sur l'appli bancaire. Mais c'est tout bêtement aussi une manière de se distinguer des autres banques. Dans le cas présent, le football servira aussi de tête de gondole pour élargir sa clientèle : en ouvrant son appli à des non-clients pour qu'ils puissent voir les plus beaux goals ou les meilleurs moments d'un match, KBC/CBC espère que ceux et celles qui la téléchargeront seront charmés par sa fluidité et ses autres fonctionnalités. Hier encore, Belfius et Proximus créaient le buzz avec l'annonce d'un partenariat inédit à base de cross-selling (échange de clients via échange de services). Aujourd'hui, c'est la KBC qui devient une sorte de mini-média sportif. Décidément, le secteur bancaire bouge et brouille les pistes. La pandémie accélère les changements. N'y survivront que ceux et celles qui se... réinventeront !