Quel sera l'impact de la guerre en Ukraine sur notre PIB? Pour Max Jadot, le CEO de BNP Paribas Fortis, il devrait être de 1% ( lire aussi par ailleurs). Les économistes de KBC ne sont pas loin, ayant abaissé leurs prévisions de 0,7 et 0,4 point pour cette année et l'an prochain (à 2,1% et 1,4% respectivement).
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Quel sera l'impact de la guerre en Ukraine sur notre PIB? Pour Max Jadot, le CEO de BNP Paribas Fortis, il devrait être de 1% ( lire aussi par ailleurs). Les économistes de KBC ne sont pas loin, ayant abaissé leurs prévisions de 0,7 et 0,4 point pour cette année et l'an prochain (à 2,1% et 1,4% respectivement). Une baisse de 1% du PIB par rapport aux prévisions d'avant-guerre serait cependant "gérable", précise Max Jadot, qui souligne la résilience de notre économie. Mais attention, ajoutent les économistes de KBC: cette projection est entourée de risques baissiers considérables. Une réduction des livraisons de gaz et de pétrole par la Russie est la principale préoccupation. Une chose est certaine: le conflit porte un coup d'arrêt à une économie qui était en train de rebondir. La Banque nationale (BNB) s'attend en effet encore à une croissance de 0,6% au premier trimestre, grâce aux bonnes performances de janvier et février, soutenues par la dynamique de reprise qui avait été constatée à la fin de l'an dernier. "L'amélioration de la situation sanitaire et un début de normalisation des chaînes d'approvisionnement auraient dû soutenir la croissance durant la première moitié du trimestre", observe la BNB. Mais patatras, la flambéedes prix de l'énergie et des matières premières ainsi que les incertitudes causées par la guerre ont cassé l'enthousiasme. Difficile donc d'avoir aujourd'hui une vision précise des effets du conflit. "Chaque jour qui passe nous apporte l'information que tel ou tel secteur ou sous-secteur est lui aussi touché", souligne Olivier Joris, directeur du centre de compétence Europe et international à la Fédération des entreprises de Belgique. "Certes, la Russie ne représente que 2% du total des importations belges et 1% des exportations, mais pour certaines entreprises, c'est beaucoup plus", souligne-t-il. La hausse des prix des intrants (bois, énergie, minéraux, matières premières, etc.) a un impact sur les entreprises chimiques, celles du secteur de la construction, de l'ameublement, de l'agriculture, de la technologie (sensibles aux prix et à l'approvisionnement de certains minéraux et composants). Dans le secteur textile, déjà avant le conflit ukrainien, certaines entreprises avaient fermé des lignes de production devenues non rentables en raison de la hausse des prix de l'énergie, précise Olivier Joris. Par ailleurs, nous avions en Belgique 2.500 travailleurs ukrainiens détachés dont la plupart sont repartis dans leurs pays pour combattre. Et cela impacte le secteur de la construction et du transport, ajoute-t-il. Du côté des exportations, le marché russe est très important pour certaines entreprises comme les brasseries. Pour Lindemans, Timmermans ou Lefebvre, la Russie était le principal marché à l'exportation. Et puis, il y a des cas particuliers, comme le groupe sidérurgique NMLK à Clabecq qui a un actionnaire russe. Ou Eurochem, grand fabricant d'engrais à Anvers, ébranlé parce que son propriétaire Andreï Melnitchenko est sur la liste des oligarques sanctionnés.