C'est bien connu : le jeu lent est la plaie du golf. C'est vrai pour les joueurs amateurs mais aussi pour les professionnels. Deux vidéos ont récemment enflammé les réseaux sociaux avec Bryson DeChambeau comme grand protagoniste. Dans la première, le champion américain prend près de trois minutes avant de jouer un simple coup d'approche. Dans la seconde, il met plus de deux minutes avant de jouer un putt de moins de quatre mètres. On le voit lire la ligne dans tous les sens, consulter son carnet de notes, interroger son caddie, effectuer un tour de green pour consulter la pente, relire la ligne, le tou...

C'est bien connu : le jeu lent est la plaie du golf. C'est vrai pour les joueurs amateurs mais aussi pour les professionnels. Deux vidéos ont récemment enflammé les réseaux sociaux avec Bryson DeChambeau comme grand protagoniste. Dans la première, le champion américain prend près de trois minutes avant de jouer un simple coup d'approche. Dans la seconde, il met plus de deux minutes avant de jouer un putt de moins de quatre mètres. On le voit lire la ligne dans tous les sens, consulter son carnet de notes, interroger son caddie, effectuer un tour de green pour consulter la pente, relire la ligne, le tout sous le regard ébahi de ses deux partenaires de jeu, Justin Thomas et Tommy Fleetwood. Règlement en main, un joueur - une fois arrivé à hauteur de sa balle - n'a que 40 secondes pour frapper son coup. S'il dépasse ce délai, il est susceptible de recevoir un avertissement, puis carrément un point de pénalité. Mais les contrôles sont très aléatoires, voire inexistants. L'affaire DeChambeau l'a clairement démontré ! La scène a, en tout cas, suscité polémiques et commentaires dans les coulisses du golf professionnel. De nombreux champions - dont Ian Poulter, Justin Rose et Ian Woosnam - ont vertement critiqué la lenteur de leur collègue. N°1 mondial, Brooks Koepka a conseillé à son compatriote " de regarder la vidéo pour se rendre compte de son problème ". L'Anglais Eddie Peperell a été bien plus cinglant, traitant carrément Bryson de " crétin " avant de se rétracter. Ennuyé par l'ampleur prise par le scandale, le PGA Tour a promis de se pencher sérieusement sur le problème et envisage même d'utiliser à l'avenir les nouvelles technologies pour mieux sanctionner les " tortues " des greens. Conscient d'avoir dépassé les bornes et désireux de calmer la tempête, Bryson DeChambeau a, de son côté, fait amende honorable et promis de travailler de concert avec le PGA Tour pour trouver une solution. " J'essaie de m'améliorer et je souhaite collaborer avec les instances ", a expliqué l'Américain, connu pour son approche très scientifique et mathématique du golf. On sait qu'il analyse méthodiquement chacun de ses coups et qu'il a " inventé " un swing répétitif avec des clubs de la même longueur. L'enjeu est, en tout cas, important. Une partie de golf est, par essence, déjà très longue. Entre quatre et cinq heures. Si, par leur comportement, les joueurs ralentissent encore le rythme, cela devient insupportable, notamment lors des retransmissions télévisées. Rory McIlroy s'est fait, de longue date, le porte-drapeau de la lutte contre le jeu lent. " Dans la société moderne où tout va très vite, les jeunes ne sont plus prêts à passer cinq heures devant la télé. Ils ont besoin d'action. C'est l'avenir de notre sport qui est en jeu ", répète le Nord-Irlandais. En attendant, l'European Tour a déjà prévu de modifier ses règles dès le mois de novembre avec, en toile de fond, des pénalités (financières et sportives) pour les joueurs trop lents.