La Grèce est à nouveau un bon élève budgétaire. L'Union européenne vient de le faire savoir en abandonnant la procédure pour déficit excessif qui pesait sur Athènes depuis 2009, une procédure qui frappe les pays qui dépassent les limites. L'Europe ne permet pas un déficit public qui dépasse 3 % du PIB et un endettement supérieur à 60 % du PIB. Selon cette procédure, si des améliorations ne s...

La Grèce est à nouveau un bon élève budgétaire. L'Union européenne vient de le faire savoir en abandonnant la procédure pour déficit excessif qui pesait sur Athènes depuis 2009, une procédure qui frappe les pays qui dépassent les limites. L'Europe ne permet pas un déficit public qui dépasse 3 % du PIB et un endettement supérieur à 60 % du PIB. Selon cette procédure, si des améliorations ne sont pas apportées par le pays concerné, ce dernier risque une amende qui peut atteindre 0,5 % du PIB. Athènes échappe donc à la sanction. Après avoir accumulé une série de terribles déficits pendant les premières années de crise (-10,2 % en 2008, -15,1 % en 2009, -11,2 % en 2010, -10,3 % en 2011, -8,9 % en 2012, -13,1 % en 2013, etc.), la Grèce affiche en effet de bien meilleurs résultats budgétaires depuis plus d'un an et demi. Cette année, le déficit devrait être contenu à -1,2 % selon les prévisions de la Commission européenne, après avoir connu un surplus de 0,7 % en 2016 et avant sans doute de connaître un nouveau surplus de 0,6 % en 2018. " Ces performances budgétaires positives devraient être durables ", se réjouit la Commission européenne. Un tel résultat a été rendu possible en échange de très gros efforts qui ont vu en cinq ans le salaire moyen grec passer de 1.400 euros par mois à 1.000 euros environ aujourd'hui, alors que le chômage touche toujours 23 % de la population active et près d'un jeune sur deux. Depuis 2008, 4 % de la population a quitté le pays. Si cette décision du Conseil était attendue (la Commission avait remis au cours de l'été une recommandation en ce sens), elle reste très importante symboliquement. Dans un an prendra fin le programme d'aide (le troisième) qui avait été mis sur pied en 2015 et portait sur un montant de 86 milliards d'euros. En août 2018, la Grèce sera censée se financer à nouveau intégralement sur les marchés. Autant afficher une bonne santé budgétaire pour attirer les investisseurs. Pierre-Henri Thomas