Luc Broutard est une institution à Mons. Sa Table du Boucher fait courir les amateurs de viande et son Comptoir de Marie (du nom de son épouse) est affublé, très méritoirement, d'une étoile Michelin. Mais l'homme n'est jamais rassasié. Il a aussi ouvert La Madeleine, un resto de poissons et de fruits de mer. Et avec son partenaire Didier Bastin, le Chalet (pour les amateurs de spécialités savoyardes) et la Banque, une chouette brasserie dans les anciens locaux de la BNB à Mons. En début d'année, les deux compères ont également imaginé un r...

Luc Broutard est une institution à Mons. Sa Table du Boucher fait courir les amateurs de viande et son Comptoir de Marie (du nom de son épouse) est affublé, très méritoirement, d'une étoile Michelin. Mais l'homme n'est jamais rassasié. Il a aussi ouvert La Madeleine, un resto de poissons et de fruits de mer. Et avec son partenaire Didier Bastin, le Chalet (pour les amateurs de spécialités savoyardes) et la Banque, une chouette brasserie dans les anciens locaux de la BNB à Mons. En début d'année, les deux compères ont également imaginé un restaurant italien de haute tenue dans un complexe qui comporte des appartements loués à Google et un petit hôtel. On y trouve quatre parties distinctes : une table d'hôtes, le comptoir où le chef cuisine au milieu d'une petite trentaine de convives, une grande salle de restaurant moderne où trônent les jolies toiles colorées de Patricia Simsa, artiste française autodidacte qui aime croquer les femmes, et, enfin, une immense terrasse. Le décollage fut joyeux mais hélas interrompu par la pandémie. Aujourd'hui, seules la terrasse et la salle sont ouvertes au public dans le respect des normes sanitaires. A la Tavola, Luc Broutard a placé son fils Charles en cuisine. Et si les mauvaises langues disent que les Broutard font de l'italien sans l'être, c'est oublier que le sang transalpin de Marie coule dans les veines de son rejeton. Charles a été à bonne école. Celle de son père évidemment mais aussi d'Yves Mattagne ou de Pascal Devalkeneer. A côté d'une carte plus classique et resserrée, le jeune chef propose, outre un lunch trois services (39 euros), deux menus qui changent au gré de ses envies, des arrivages ou des demandes des clients. Soit quatre services pour 55 euros ou cinq pour 65. Le jour de notre visite, à côté d'un millefeuille de pâtes avec une émulsion d'épinards et de cultissimes spaghettis à la poutargue, Charles Broutard a envoyé du homard froid accompagné d'un méli-mélo de tomates cerises et de burrata des Pouilles et, en plat, des linguine au baby homard et à la sauce pomodoro. Soit une cuisine généreuse, précise, légère, tantôt classique, tantôt plus audacieuse mais toujours très goûteuse. On a moins aimé son dessert au chocolat : comme pour l'impôt, trop de chocolat tue le chocolat. La carte des vins est profonde et recèle tous les classiques italiens mais aussi quelques jolies pépites comme ce Cumaro, un 100 % montepulciano de la région des Marches produit par Umane Ronchi. Service précis et convivial.