Quand Romy lui demande : " Emmène-moi ", son père tourne la clé et prend la route. Rouler l'apaise. C'est tout ce qu'a trouvé son géniteur pour qu'elle n'ait plus d'angoisse. L'adolescente est dépressive, borderline, disent certains. " Je préfère la qualifier de suicidaire, corrige l'auteur du Silence du moteur, Olivier Lebé, parlant de son héroïne. Parce que ce mot fait partie de la dignité humaine. Elle est totalement en panique devant l'existence. " Romy se fait du mal. Son père, musicien français expatrié pour suivre sa femme américaine et ambitieuse, sacrifie son quotidien à tenter d'empêcher le masochisme de son enfant. Enfiler les kilomètres sur le freeway californien permet au duo silencieux de retrouver une sérénité, comme dans un road-movie curatif. " Je ne suis pas séduit par cette esthétique du road-movie west coast, avoue ...