Du 3 juin au 20 juillet, la Cinémathèque royale de Belgique (Cinematek) organise une petite vingtaine de soirées foot dominées par la fiction mais s'autorisant du documentaire et quelques archives rares. Comme ces 10 minutes du match Belgique-Pays-Bas de 1921 au stade d'Anvers, en ouverture d'un étonnant documentaire roumain de 2014 racontant l'affrontement entre deux équipes de Bucarest, l'une issue de l'armée, l'autre de la police secrète (8 ju...

Du 3 juin au 20 juillet, la Cinémathèque royale de Belgique (Cinematek) organise une petite vingtaine de soirées foot dominées par la fiction mais s'autorisant du documentaire et quelques archives rares. Comme ces 10 minutes du match Belgique-Pays-Bas de 1921 au stade d'Anvers, en ouverture d'un étonnant documentaire roumain de 2014 racontant l'affrontement entre deux équipes de Bucarest, l'une issue de l'armée, l'autre de la police secrète (8 juin). Toujours au rayon du réel, deux grandes pointures : les 17 caméras installées pour capter Zidane, un portrait du 21e siècle (17 juin) ou l'enquête fouillée du Britannique Daniel Gordon sur l'étoile déchue George Best (21 juin). De là, il n'y a qu'un pas vers la fiction puisque dans A nous la victoire, John Huston s'inspire de l'histoire vraie d'un match entre des prisonniers de différentes nationalités et leurs gardiens nazis, mettant en jeu rien moins que Pelé (6 juin). Pas de foot sans dérision britannique, avec l'incontournable Looking For Eric, de Ken Loach, où Cantona se moque de son propre personnage (19 juin) et le presque devenu classique Bend It Like Beckham, dans lequel une jeune Anglo-Indienne défie la norme sociale en intégrant une équipe de foot féminine (10 juin). S'autorisant des détours un rien plus hollywoodiens - comme le Hooligans avec Elijah Wood (10 juillet) - le cycle n'oublie pas le sport comme moyen de promotion sociale, suscitant des migrations : c'est le thème de L'étranger, du Belge Kenneth Michiels, suivant un jeune Sénégalais débarqué dans le projet socio-foot initié par Vincent Kompany (3 juin). Et enfin, des choix plus classiques pour la Cinematek : le film de clôture - Pasolini d'Abel Ferrara - et la sélection de deux films français, A mort l'arbitre (16 juin) et Coup de tête (27 juin). Le premier, l'un des meilleurs Mocky, met en scène Eddy Mitchell en arbitre poursuivi par la vindicte de supporters violents. Un an avant le drame du Heysel... Le second, signé Jean-Jacques Annaud, est un portrait sans concession du foot amateur dans la France provinciale de la fin des années 1970, avec un parfait Patrick Dewaere en trublion affirmé.