Durant les 20 dernières années, l'économie chinoise est devenue une des forces économiques les plus importantes au niveau mondial. Depuis quelques années, la Chine est en train de changer en profondeur et devrait devenir la première puissance économique mondiale d'ici 10 ou 15 ans. Sous l'impulsion des dirigeants successifs, le pays a développé ses connaissances technologiques. Ce n'est qu'un des changements en cours dans l'empire du Milieu.
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Durant les 20 dernières années, l'économie chinoise est devenue une des forces économiques les plus importantes au niveau mondial. Depuis quelques années, la Chine est en train de changer en profondeur et devrait devenir la première puissance économique mondiale d'ici 10 ou 15 ans. Sous l'impulsion des dirigeants successifs, le pays a développé ses connaissances technologiques. Ce n'est qu'un des changements en cours dans l'empire du Milieu. Anh Lu, gestionnaire de portefeuille en actions asiatiques chez T. Rowe Price, souligne que " le président Xi Jinping a renforcé son pouvoir durant le récent congrès du parti communiste chinois, et plus rien ne devrait dès lors s'opposer à l'exécution de son ambitieux programme de réformes, et notamment celles qui visent à réduire l'endettement des entreprises (surtout étatiques) en fermant celles qui sont largement inefficientes, ou en favorisant des fusions, voire même des faillites ". " Depuis 2012, la rentabilité des investissements s'était effondrée, ce qui explique la faiblesse des marchés durant ces années-là, confirme Daniel Poon, directeur chez Zeal Asset Management. Le gouvernement a ensuite entamé une politique de réduction des capacités de production, notamment dans le cadre de son objectif de baisse de la pollution. Ceci a permis un redressement spectaculaire de la rentabilité et des marchés à partir de 2017. Je suis aujourd'hui confiant que cette politique sera maintenue. " Matthew Dobbs, gestionnaire en actions asiatiques chez Schroders, souligne pour sa part l'importance prise par Liu He dans les décisions économiques prises par la Chine. " Son titre de conseiller économique auprès de Xi Jinping n'est peut-être pas impressionnant mais il est un rouage essentiel dans l'application du programme de réformes. Et il fut d'ailleurs le seul intervenant au récent congrès de Davos à ne pas être un chef d'Etat. " Lors de son speech à Davos, Liu He a mis en évidence le besoin d'une transition vers une croissance plus qualitative, moins basée sur des salaires bas, " qui créera des opportunités significatives pour un grand nombre de secteurs, comme la consommation, la production de bâtiments énergétiquement efficients, le transport intelligent, les nouvelles sources d'énergie, etc ". La population chinoise est en train de vieillir. Le besoin d'augmenter la productivité passera nécessairement par une plus grande automatisation des usines, ce qui explique pourquoi aucun autre pays au monde ne dépense autant que la Chine dans la robotisation de son industrie. " La démographie est un facteur négatif, souligne Jie Lu, responsable de la recherche pour la Chine chez Robeco. Et il faudra voir dans quelle mesure l'abandon de la politique de l'enfant unique aura un impact sur les nouvelles naissances. Mais dans l'intervalle, ce vieillissement de la population explique le besoin d'une plus grande automatisation dans les sociétés chinoises. " De même, le problème lié à la pollution des grandes villes chinoises a poussé le gouvernement à mettre en place un plan ambitieux pour augmenter significativement les ventes de véhicules électriques ou hybrides, pour atteindre 20 % des nouvelles immatriculations d'ici 2025. Daniel Poon souligne que " la confiance des consommateurs chinois est à un niveau historiquement élevé ", avec une croissance qui se maintient et une appréciation positive des politiques menées par le gouvernement : " Le progrès des réformes sera central dans le maintien de cette tendance positive, avec les points noirs qui restent nombreux, notamment au niveau du contrôle des financiers des gouvernements locaux, mais Xi Jinping dispose encore d'un soutien important pour poursuivre ce cycle de réformes ". La tendance en Chine est aujourd'hui de réduire le recours à l'endettement dans l'espoir de stimuler la croissance économique et, au contraire d'augmenter la productivité et de remonter la rentabilité des actifs financiers. " Les programmes de soutien ont été de moins en moins importants ces dernières années, alors même que la consommation privée prenait une place de plus en plus grande pour la croissance chinoise, souligne Matthew Dobbs. La libéralisation du marché chinois va présenter des opportunités intéressantes pour les investisseurs. Parmi les actions cotées en Chine, je ne serais pas étonné qu'il y ait 20 sociétés qui fassent partie des leaders mondiaux d'ici quelques années. " " Le secteur technologique est un segment sur lequel les entreprises chinoises sont susceptibles de prendre le leadership au niveau mondial, mais la route risque d'être nettement plus difficile après ce qui s'est passé ces derniers mois avec le gouvernement américain ", indique encore Daniel Poon. Jie Lu souligne qu'il ne faut pas être spécialement inquiet des menaces d'une hausse des tarifs américains : " Il s'agit surtout de considérations politiques causées par l'approche des élections. L'impact des sanctions américaines serait relativement peu important pour l'économie chinoise, et les autorités américaines doivent aujourd'hui accepter que la Chine est devenue plus indépendante et dispose du plus grand marché au monde ". Jie Lu indique s'attendre à une croissance soutenue des résultats en 2018, autour de 20 %. " La contribution des secteurs de la nouvelle économie devrait continuer à être importante, dit-il, mais les réductions de capacités dans les secteurs industriels ont également permis à de nombreuses entreprises étatiques de devenir plus rentables ", avec pour conséquence un redressement rapide des cours pour certains de ces groupes. " Nous restons fondamentalement optimistes pour les perspectives à long terme, d'autant que le risque lié à l'endettement est aujourd'hui sous contrôle. " " Nous voyons actuellement plusieurs opportunités sur le marché chinois, que nous mettons en oeuvre au sein de nos fonds : la hausse des besoins des consommateurs en termes qualitatifs, le secteur technologique, les besoins en automatisation des entreprises, les véhicules électriques et l'impact des réformes sur les entreprises d'Etat, indique encore Jie Lu. Et dans le même temps, l'inclusion des actions A (cotées en Chine) dans les indices MSCI vont également fournir un soutien au marché chinois, vu que la proportion détenue dans le marché par les investisseurs étrangers n'atteint encore que 3 %. " L'amélioration de la discipline au niveau des entreprises chinoises a récemment poussé Anh Lu, de T. Rowe Price, à remonter son exposition sur le marché chinois, notamment sur les sociétés cycliques ou sur celles qui détiennent une part de marché dominante sur un secteur. " Ce programme de réformes pourrait avoir un impact négatif pour la croissance économique, dit-elle, mais le pays en ressortira plus sain et la capitalisation boursière du pays en sera renforcée ". Elle souligne que le thème du consommateur chinois reste clairement un élément central dans sa stratégie d'investissement. " Durant les 10 dernières années, les ménages chinois se sont de plus en plus endettés, ce qui a eu des conséquences importantes pour les dépenses de consommation. Par ménage, l'endettement reste toutefois encore relativement bas, de sorte que le consommateur chinois devrait encore être en mesure de soutenir la croissance de la région pendant encore de nombreuses années. "