Netflix propose pas moins de 19 longs métrages de la star française. C'est à la fois sympa et un rien cruel, puisqu'on est ainsi témoin des choix artistiques de Bebel, moins audacieux au fil des décennies. Son deuxième rôle principal - dans A bout de souffle signé Jean-Luc ...

Netflix propose pas moins de 19 longs métrages de la star française. C'est à la fois sympa et un rien cruel, puisqu'on est ainsi témoin des choix artistiques de Bebel, moins audacieux au fil des décennies. Son deuxième rôle principal - dans A bout de souffle signé Jean-Luc Godard et sorti en 1960 - en fait l'archétype de l'acteur moderne. A 27 ans, il s'engage alors dans des films sixties frondeurs, comme Léon Morin, prêtre de Jean-Pierre Melville et un autre Godard marquant, Pierrot le Fou. Netflix programme quelques sympathiques opus, tels que le thriller de Philippe Labro, L'héritier (1972) et Le magnifique de Philippe de Broca (1973). Dans celui-ci, Jean-Paul Belmondo joue le double rôle d'un écrivain de polars fauché et celui de son héros qu'il prend grand plaisir à ridiculiser. Une comédie jouissive. Après un rôle central dans l'ambitieux Stavisky d'Alain Resnais (1974), Bebel va pourtant essentiellement tourner des comédies et des polars où il peut à loisir faire preuve de ses capacités de cascadeur. D'où une certaine tendance à l'autoparodie, l'acteur en faisant volontiers des caisses dans des dialogues parfois poussifs aux intrigues maigres et à l'esthétique moyenne. Donc, plutôt que Le guignolo, Le marginal ou Les morfalous, on demanderait bien à Netflix d'ajouter à son catalogue L'homme de Rio, Week-end à Zuydcoote ou Un singe en hiver.