Par trois fois, nous avons rendu visite à Maxime Colin depuis qu'il a repris la brasserie d'Oude Pastorie à son frère Gaëtan en 2016. Trois fois, ce fut une fête pour nos papilles. Dans ce magnifique presbytère de 1652 installé au bord de l'étang du parc Jourdain à Crainhem, Maxime Colin donne la pleine mesure de son immense talent. Les voies du guide Michelin ¬ qui ne l'a jamais distingué ici ¬ sont sans doute impénétrables mais nous sommes en droit de nous poser des ques...

Par trois fois, nous avons rendu visite à Maxime Colin depuis qu'il a repris la brasserie d'Oude Pastorie à son frère Gaëtan en 2016. Trois fois, ce fut une fête pour nos papilles. Dans ce magnifique presbytère de 1652 installé au bord de l'étang du parc Jourdain à Crainhem, Maxime Colin donne la pleine mesure de son immense talent. Les voies du guide Michelin ¬ qui ne l'a jamais distingué ici ¬ sont sans doute impénétrables mais nous sommes en droit de nous poser des questions. L'étoile se mérite d'autant plus que le chef s'est adjoint les services, depuis le début de cette année, d'un sommelier de haut vol : Laurent Delplace qu'on avait connu dernièrement aux côtés de Fabrice d'Hulster au Sea Grill d'Yves Mattagne. Non seulement il anime et gère la salle avec convivialité et justesse mais il est en train de faire évoluer la carte des vins vers un recueil de pépites et de découvertes. Comme cet agiorgitiko 2017 vieilles vignes du domaine grec Gaia qui fit merveille sur un agneau de Sisteron aux olives taggiasche accompagné d'une sauce façon navarin du même agneau. Renforcé en salle, Maxime Colin en a profité pour rénover son intérieur ce printemps. Bois naturel, nouveau parquet, appliques murales modernes, le restaurant est devenu plus épuré. Comme pour mieux se concentrer sur les assiettes du chef. A côté d'un business lunch trois services (40 euros) qui change tous les jours, Maxime Colin ne propose qu'un menu unique déclinable en trois à six plats (62 à 100 euros). Une sélection de vins adaptés est disponible (28 à 42 euros). Au début du mois de mai, Maxime Colin nous a régalé avec un tartare de thon rouge ikejime, pomme verte, céleri vert et edamame. Le tout saupoudré d'une pincée de fleur de caviar. Son huître creuse du Normand Régis Borde avec panna cotta d'asperge de Jurbise et moutarde a fait mouche. Tout comme la grosse langoustine accompagnée de foie gras poêlé et d'une gastrique à la sauce soja, au citron vert et au gingembre. Son maigre servi mi-cuit (une audace pleinement justifiée) accompagné de caviar et d'une cassolette de couteaux de mer au beurre d'algue a achevé de nous convaincre que ce Colin-là a de l'or dans les mains.