Le dernier rapport annuel de la Cour des comptes sorti la semaine dernière fait état d'une première : à la fin juin 2018, l'Etat avait récupéré plus d'argent qu'il n'en avait injecté dans le sauvetage des banques. La Cour a calculé qu'entre 2008 et 2018, l'Etat a déboursé 27,4 milliards d'euros pour des rentrées évaluées à 28,5 milliards. Soit un différentiel positif à la fin juin d'1,1 milliard. Ce calcul ne tient évidemment pas compte de la valeur des actifs que l'Etat détient encore, comme ses participations dans Belfius et BNP Paribas Fortis, ni des risques encore encourus comme la garantie Dexia. Au cours du temps, les flux sortants se sont stabilisés alors que les entrants n'ont eu de cesse de grandir, notamment en raison des dividendes perçus. En d'autres termes, le sauvetage de Fortis ainsi que la partie Crédit Communal de Dexia s'est donc révélé rentable. Et contrairement à la rumeur propagée par certains, le contribuable belge n'a donc pas payé pour les banques. Ceci dit, le calcul de la Cour des comptes ne tient pas compte des pertes subies par les actionnaires ni même des effets profonds de cette crise sur notre économie.