" Le seul manuel que je recommanderais pour comprendre les marchés financiers, c'est La psychologie des foules de Gustave Le Bon ", lâche régulièrement l'essayiste et journaliste économique François Lenglet. Dans cet ouvrage publié en 1895, le docteur Le Bon observait que le comportement d'une foule n'était pas similaire à celui d'un individu particulier et que donc, une foule n'était pas la somme des comportements singuliers des individus qui la composent. L'homme dans la foule,...

" Le seul manuel que je recommanderais pour comprendre les marchés financiers, c'est La psychologie des foules de Gustave Le Bon ", lâche régulièrement l'essayiste et journaliste économique François Lenglet. Dans cet ouvrage publié en 1895, le docteur Le Bon observait que le comportement d'une foule n'était pas similaire à celui d'un individu particulier et que donc, une foule n'était pas la somme des comportements singuliers des individus qui la composent. L'homme dans la foule, par exemple, n'a plus trop conscience de ses responsabilités, il perd son libre arbitre, il est très sensible à la contagion. Bref, la foule est moutonnière, observait Gustave Le Bon. Un siècle plus tard, tout ceci reste vrai. L'ancien chef économiste du Fonds monétaire international Olivier Blanchard et deux autres experts ont pointé, dans une récente étude à nouveau, cet effet moutonnier du marché : la simple annonce d'une révision à la baisse de la croissance fait reculer l'économie parce que les différents acteurs prennent un coup au moral. Selon Olivier Blanchard, ce seul effet d'annonce peut faire baisser la demande de 0,6 à 1 % et pourrait expliquer cette longue stagnation dont nos pays se plaignent depuis des années. La cause de cette longue morosité ne serait pas à chercher dans la productivité décevante dégagée par les outils internet ou dans le vieillissement de la population, mais simplement dans le manque de confiance des acteurs économiques. La bonne nouvelle, c'est qu'inversement des annonces positives peuvent, par le simple fait d'être énoncées, réveiller la confiance. C'est ce qui se serait passé aux Etats-Unis depuis l'élection de Donald Trump. Les promesses du président américain concernant les baisses d'impôts, le rapatriement de jobs ouvriers aux Etats-Unis ou les grandes dépenses d'infrastructures ou de défense nationale auraient contribué à doper les actions de secteurs entiers de l'économie américaine, à relancer la Bourse et à ragaillardir le moral des ménages. Soutenus par la nouvelle communication volontariste de la Maison-Blanche, " la demande et les taux d'intérêt devraient remonter substantiellement " et " l'ère du pessimisme excessif semble toucher à sa fin ", juge dès lors Olivier Blanchard. Comme pour lui donner raison, le dernier baromètre de confiance du Conference Board publié fin février montre que les Américains n'ont jamais été aussi confiants depuis... 2001. P-H.T.