Pour lui, c'est une réelle surprise car l'administrateur général de la RTBF ne s'attendait pas à cette nomination au titre de Manager de l'Année 2018 : " Je suis étonné parce que nous sommes un opérateur public et qu'il y a une tendance, dans le monde qui nous entoure, à traiter public et privé de manière distincte. Or, j'ai fait Solvay et je ne me suis jamais senti autorisé, en matière de management, à avoir une attitude ou des règles qui seraient moins exigeantes que celles de mes collègues et amis qui travaillent dans le privé. "
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Pour lui, c'est une réelle surprise car l'administrateur général de la RTBF ne s'attendait pas à cette nomination au titre de Manager de l'Année 2018 : " Je suis étonné parce que nous sommes un opérateur public et qu'il y a une tendance, dans le monde qui nous entoure, à traiter public et privé de manière distincte. Or, j'ai fait Solvay et je ne me suis jamais senti autorisé, en matière de management, à avoir une attitude ou des règles qui seraient moins exigeantes que celles de mes collègues et amis qui travaillent dans le privé. " A demi-mot, Jean-Paul Philippot vient de remettre les pendules à l'heure sur le terrain de la compétition. Privé-public, même combat : le sens du management ne se discute pas et l'homme met un point d'honneur à appliquer des principes de gestion équivalents à ceux que l'on retrouve dans n'importe quelle autre entreprise. Résolument sportif, le patron de la RTBF pratique plusieurs disciplines - voile, jet-ski, vélo, etc. - et il insuffle volontiers cette énergie à son institution, tout comme ce goût du challenge qui lui est cher. " Un manager est quelqu'un qui s'investit pleinement et c'est mon style de leadership, confesse-t-il. Le sport me donne aussi de l'appétit pour l'endurance. Quand je fais de la voile, c'est pour des longues distances et non pas des 'parcours banane' en régate. Je pense que l'endurance est une qualité nécessaire du manager. " Avec 16 années complètes passées à la tête de la radio-télévision de service public, Jean-Paul Philippot en connaît un rayon sur l'endurance et il a su négocier les virages avec flegme et détermination. Déjà " challengé " par ses concurrents historiques, il a dû s'adapter, ces dernières années, à une profonde mutation du monde des médias où les notions de digitalisation et de " délinéarisation " ont émergé dans un univers désormais cadenassé par les Gafan (Google, Apple, Facebook, Amazon et Netflix), tant sur le plan des contenus qu'au niveau des revenus publicitaires. Fin stratège, le patron de la RTBF ne s'est pas laissé impressionner et a pris le virage numérique à temps, en lançant déjà son service d'offre non linéaire Auvio en 2016, une plateforme digitale qui rassemble aujourd'hui plus de 2 millions d'utilisateurs. Habile et audacieux, le manager a également remis à plat toute la structure organisationnelle de son entreprise pour mieux répondre aux défis de la nouvelle consommation des médias. Un vaste chantier qui a bousculé - et qui bouscule toujours - les habitudes de travail des 2.000 salariés de l'entreprise, mais dont l'exécution s'avère indispensable pour imposer pleinement la RTBF dans le monde digital. Beaucoup plus transversal, son nouvel organigramme a tapé dans l'oeil d'autres services publics européens dont France Télévisions qui s'inspire aujourd'hui du modèle de la RTBF pour réfléchir à son propre avenir. " Débarrassons-nous un peu de notre complexe belge francophone qui nous pousse à ne jamais savoir reconnaître que l'on peut aussi, dans certains domaines, être à l'avant-garde et facteur de succès, conclut Jean-Paul Philippot. En 2018, dans les secteur des médias publics, la RTBF est considérée en Europe comme un acteur de référence. "