Le palais de l'Elysée est mal en point. Derrière le lustre de cette bâtisse du 18e siècle où se niche la Présidence de la République française, la plomberie souffre et les murs s'effritent. Nécessaires, les travaux de rénovation ont été évalués à quelque 100 millions d'euros dans un récent rapport de la Cour des comptes et c'est précisément pour ne pas pénaliser le contribuable français que l'équipe d'Emmanuel Macron a lancé cette idée saugrenue : déposer la marque Elysée-Présidence de la République pour lancer la vente de produits dérivés et ...

Le palais de l'Elysée est mal en point. Derrière le lustre de cette bâtisse du 18e siècle où se niche la Présidence de la République française, la plomberie souffre et les murs s'effritent. Nécessaires, les travaux de rénovation ont été évalués à quelque 100 millions d'euros dans un récent rapport de la Cour des comptes et c'est précisément pour ne pas pénaliser le contribuable français que l'équipe d'Emmanuel Macron a lancé cette idée saugrenue : déposer la marque Elysée-Présidence de la République pour lancer la vente de produits dérivés et financer ainsi la remise à neuf du palais. La semaine dernière, un appel d'offres a donc été officiellement lancé pour trouver un agent de licence qui définira rapidement une stratégie de marque pour l'Elysée et enclenchera la commercialisation de différents objets aux couleurs de la Présidence française. Montres, tasses, stylos, foulards, porte-clés, etc. : si la liste des produits dérivés n'a pas encore été établie, il est hautement probable que les gadgets de base figureront en bonne place sur les étagères de la boutique physique de l'Elysée et de sa version en ligne qui seront inaugurées toutes deux en septembre prochain. Originale, la démarche française n'est pas neuve pour autant et bon nombre d'institutions internationales ont déjà déposé leur propre marque et lancé des produits dérivés depuis belle lurette pour engranger de précieux revenus financiers. Aux Etats-Unis, la Maison Blanche dispose ainsi d'un site spécifiquement dédié au merchandising présidentiel (www.whitehousegiftshop.com) où l'on trouve des centaines d'objets convenus et d'autres beaucoup plus inattendus comme des balles de golf, des bavoirs ou encore une figurine à l'effigie de Donald Trump vendue 25 dollars (pour la First Lady, il faut débourser 3 dollars de plus ! ). Egalement réceptive aux sirènes de l'argent, la famille royale britannique exploite, elle aussi de manière spectaculair, la puissance de la marque Windsor. Dans sa Royal Collection Shop accessible en ligne, on frise d'ailleurs l'overdose commerciale entre bijoux, confitures, vaisselle, peluches et autres gadgets parfois kitschissimes. Beaucoup plus sobres dans leur catalogue, l'Onu et le Parlement européen disposent également de leur boutique et de leurs objet siglés, tout comme plusieurs parlements nationaux - Australie, France, Grande- Bretagne, Allemagne, etc. - qui exploitent le filon des produits dérivés pour mieux faire connaître leur action et doper leur notoriété. En Belgique, le Parlement fédéral joue aussi cette carte-là à la rue de la Loi, mais de manière très conventionnelle dans son offre qui, étonnamment, ne se décline pas encore en ligne. L'effet Macron accélérera peut-être, qui sait, sa digitalisation...