Alors que les marchés boursiers semblent s'être stabilisés, la question qui se pose désormais est celle de la reprise. Le scénario privilégié par tout un chacun est une reprise en V. Comme sa forme l'indique, il s'agit d'un redressement rapide. Les Bourses tournent rapidement la page du coronavirus et le récent krach restera dans les annales comme un accident de parcours.
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Alors que les marchés boursiers semblent s'être stabilisés, la question qui se pose désormais est celle de la reprise. Le scénario privilégié par tout un chacun est une reprise en V. Comme sa forme l'indique, il s'agit d'un redressement rapide. Les Bourses tournent rapidement la page du coronavirus et le récent krach restera dans les annales comme un accident de parcours. Ce scénario idéal n'est pas impossible au vu notamment de la bonne résistance des indicateurs de confiance des consommateurs en mars. Mais il est évident que chaque jour de confinement qui passe mine un peu plus le moral des agents économiques et rend la reprise en V moins probable. La reprise en U est un scénario moins favorable, mais pronostiqué par de plus en plus d'économistes. L'épidémie laisse des traces avec la faillite d'une partie des entreprises, un confinement qui n'est levé que par bribes, des ménages plus méfiants. L'économie n'accélère que progressivement, notamment dans l'attente d'un vaccin largement disponible, avec un long rattrapage étalé sur plusieurs années. Les Bourses connaissent le même sort, perdant pour un temps des moteurs puissants comme les hausses de dividendes et les rachats d'actions propres. Si vous n'aimez pas les sensations fortes, vous n'apprécierez sûrement pas la reprise en W ou récession à double creux. Dans ce scénario, le redressement est temporaire et suivi d'une nouvelle rechute de l'économie, rattrapée par les dommages durables causés par l'actuelle récession et/ou une nouvelle épidémie l'hiver prochain. Les Bourses pourraient alors connaître une nouvelle rechute sévère. Le scénario du pire est toutefois une reprise en L. Derrière cette appellation anodine se cache tout simplement une longue dépression. Fort heureusement, cela apparaît à l'heure actuelle assez improbable, au vu notamment des mesures de relance monétaires et budgétaires.