Lewis Trondheim, l'homme-orchestre de la bande dessinée, signe un scénario pour la collection " Troisième vague " du Lombard, dans un style et une forme contre lesquels il s'est longtemps battu: albums cartonnés, 48 planches couleurs e...

Lewis Trondheim, l'homme-orchestre de la bande dessinée, signe un scénario pour la collection " Troisième vague " du Lombard, dans un style et une forme contre lesquels il s'est longtemps battu: albums cartonnés, 48 planches couleurs et scénarios téléphonés. Sauf qu'une fois de plus, il s'en sort haut la main. Lorgnant davantage du côté d'un Canardo que d'un Largo Winch, ce polar assez basique mais bien fichu se déroule dans le milieu de la pègre marseillaise, son intérêt résidant surtout dans les joutes verbales à plusieurs niveaux de lecture. Trondheim joue ici à merveille sur les a priori raciaux et de genres, retournant le lecteur comme une crêpe. Il faut dire qu'il a cette manière si particulière de s'approcher de la réalité en plantant des personnages vrais, ambigus, menteurs... Somme toute, humains. Quant au dessin de Biancarelli, il est efficace et remplit parfaitement son office. Bref, le scénariste prouve qu'il peut s'attaquer à tous les genres de bande dessinée sans les dénaturer, tout en conservant sa patte reconnaissable entre toutes.