Un lieu majestueux aux espaces disproportionnés... Les oeuvres exposées se devaient de répondre à la démesure du bâtiment. L'exposition de préfiguration proposée pour les 13 mois à venir est, de fait, impressionnante. L'entrée se fait côté canal et s'ouvre sur un vaste décor animé composé de machines rouillées, signé Jean Tinguely. Une oeuvre jusqu'ici précieusement conservée dans les réserves du Centre Pompidou qui n'avait jusqu'alors jamais pu l'exposer, faut...

Un lieu majestueux aux espaces disproportionnés... Les oeuvres exposées se devaient de répondre à la démesure du bâtiment. L'exposition de préfiguration proposée pour les 13 mois à venir est, de fait, impressionnante. L'entrée se fait côté canal et s'ouvre sur un vaste décor animé composé de machines rouillées, signé Jean Tinguely. Une oeuvre jusqu'ici précieusement conservée dans les réserves du Centre Pompidou qui n'avait jusqu'alors jamais pu l'exposer, faute d'espace suffisant. A quelques mètres de là, sur une passerelle, en hauteur, prend place le travail coloré de Pascale Marthine Tayou : des dizaines de néons portant haut et fort le mot " ouvert ". Kanal Brut met ainsi en scène quelque 300 oeuvres tout droit issues des collections de l'institution française. Et non des moindres... On y retrouve des ouvrages d'Alexandre Calder, César, Jean Dewasne, Victor Vasarely, Marcel Broodthaers, Jean Prouvé, David Haxton, Toyo Ito, etc. A ces grands noms se mêlent les travaux de sept Bruxellois, invités par la Fondation Kanal. Point de peinture ou d'oeuvres qui nécessiteraient des conditions de conservation spécifiques, mais plutôt des sculptures, des oeuvres métalliques, des installations visuelles et sonores. Les ouvrages dialoguent avec le lieu, se nichent ici et là, se mêlant au brut et se jouant du décor bétonné, des poutres et des verrières. L'oeuvre la plus impressionnante est sans doute le bâtiment moderniste lui-même, datant de 1933 et dessiné par deux architectes belges, Alexis Dumont et Marcel van Goethem. On retiendra la présence, au premier étage de l'atelier, de pièces de grandes dimensions comme La Maison tropicale de Jean Prouvé, PAO II de Toyo Ito ou Le Pavillon de Ross Lovegrove. Mais aussi la DS compressée de Gabriel Orozco exposée à l'entrée du show-room ou L'Usine de films amateurs conçue par Michel Condry installée au rez-de-chaussée de l'atelier. Cette dernière invite des groupes de maximum 15 personnes à réaliser leur propre film dans un studio de cinéma reconstitué pour l'occasion. Les acteurs amateurs sont accompagnés par une équipe de techniciens et ressortent trois heures plus tard avec le DVD de leur prestation.