Gamin, il avait confié à Eduardo Celles, son coach de l'époque, qu'il deviendrait, un jour, numéro un mondial. Ces paroles d'ado, teintées d'utopie, sont aujourd'hui devenues réalité. En remportant le Memorial Tournament, Jon Rahm s'est hissé sur le trône tant convoité de number one. Sans être réellement surpris !
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Gamin, il avait confié à Eduardo Celles, son coach de l'époque, qu'il deviendrait, un jour, numéro un mondial. Ces paroles d'ado, teintées d'utopie, sont aujourd'hui devenues réalité. En remportant le Memorial Tournament, Jon Rahm s'est hissé sur le trône tant convoité de number one. Sans être réellement surpris ! A 25 ans, il succède sur le toit du monde à Rory McIlroy. Mais il devient surtout le deuxième champion espagnol à hériter de ce statut, plus de 30 ans après le grand Severiano Ballesteros. " Je n'étais pas encore né lorsque Seve a remporté ses plus beaux tournois. Mais j'ai vu les images de ses exploits et il m'a toujours servi de héros et de modèle ", explique le géant basque. La progression de Jon Rahm dans la hiérarchie est phénoménale. Passé professionnel en 2016 après avoir été numéro un mondial amateur, il a ensuite brûlé les étapes grâce à des statistiques défiant la raison : 11 victoires (dont quatre sur le PGA Tour), 24 podiums et 50 tops 10 en 100 tournois, seulement 12 cuts manqués, une victoire en Ryder Cup et déjà plus de 35 millions de dollars de gains sur les deux circuits ! Depuis Tiger Woods, on n'avait plus vu un tel début de carrière sur la planète golf. Mais " J.R. " en veut évidemment davantage. Désormais, il entend s'offrir son premier sacre dans un tournoi du Grand Chelem. Jusqu'ici, il a dû se satisfaire de places d'honneur (troisième à l'US Open et au British Open en 2019, quatrième du Masters et de l'US PGA en 2018) et il entend bien vaincre rapidement le signe indien. Avec son physique de colosse (1,91 m pour 99 kg), " Rahmbo " n'a pas le look du joueur de golf traditionnel. Il n'a pas le charisme naturel de McIlroy, le talent de Mickelson ou la personnalité de Bryson DeChambeau. Mais il symbolise, à tous les étages, le champion moderne et complet. A l'instar de Brooks Koepka, il a tous les coups dans son sac. Ses drives fusent à plus de 300 mètres, ses approches sont millimétrées et, autour des greens, il a hérité des mains magiques de ses compatriotes Olazabal, Jimenez et Garcia. " En fait, il n'a aucun point faible et ne doute de rien. C'est un perfectionniste dans tous les compartiments du jeu. Et il est très solide dans sa tête ", résume Tim Mickelson (le frère de Phil) qui l'a entraîné lorsqu'il défendait les couleurs de l'Université d'Arizona State. La gloire et la réussite ne l'empêchent d'ailleurs pas de garder les pieds sur terre. " Si je devais choisir entre être un bon golfeur ou un bon père, je choisirais la deuxième option ", dit-il sans hésiter. Formé aux States, marié à une Américaine, installé à Phoenix et évoluant majoritairement sur le PGA Tour, Rahm reste malgré tout très attaché à son cher Pays basque et à son petit village natal de Barrika. Et sa passion pour l'Athletic Bilbao demeure intacte. Le dimanche, après un tournoi, son premier réflexe est de regarder le résultat de son club favori de football. " J'échangerais même un Major pour un titre de Liga de l'Athletic ", a-t-il même déclaré un jour sans que l'on sache s'il plaisantait ou pas !