Dans le désert gastronomique qui règne à Ciney, l'ouverture il y a un peu plus d'un an du Rob's Corner devant la gare est venu mettre un peu de baume au coeur des Condruziens gourmands. Si le nom du restaurant, tout comme son décor passe-partout, ne tranche pas réellement avec l'offre locale, l'adresse vaut une visite si l'on est dans la région.
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Dans le désert gastronomique qui règne à Ciney, l'ouverture il y a un peu plus d'un an du Rob's Corner devant la gare est venu mettre un peu de baume au coeur des Condruziens gourmands. Si le nom du restaurant, tout comme son décor passe-partout, ne tranche pas réellement avec l'offre locale, l'adresse vaut une visite si l'on est dans la région. Le " Rob " en question, c'est Robin Haquenne, 23 ans seulement mais avec un beau bagage à son actif. Avant d'ouvrir son premier restaurant, le jeune homme a en effet roulé sa bosse dans de belles maisons étoilées : L'air du temps, Le Prieuré Saint-Géry, Le Coq aux Champs ou même L'Auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse du chef français triplement étoilé Gilles Goujon. Une solide formation qui se traduit par des assiettes assurées, tant dans le dressage que dans le jeu des saveurs. Déjà repéré par une toque au Gault & Millau, Haquenne vise clairement son entrée au guide Michelin, avec un menu trois services à 37 euros calqué sur les exigences du Bib gourmand. Le guide rouge peut le lui offrir les yeux fermés ! Sans ruer dans les brancards, le chef pratique une cuisine française élégante et lisible. Et ce dès les mises en bouche : une tartelette de bulots aux fines herbes et une autre à la mousse de foie gras et rhubarbe. En entrée, si son rouleau de printemps aux écrevisses et guacamole manque de peps, on applaudit son bar de ligne en deux façons. Le poisson est proposé cru en tartare avec de l'artichaut, une tranche de pomme de terre fumée et du bar poêlé. Tandis que, versé dans l'assiette - on apprécie ici aussi le professionnalisme enjoué du service en salle -, un consommé de boeuf vient apporter une belle profondeur à l'ensemble. Suivront un blanc de volaille basse température sans grand intérêt, mais surtout un pavé de cabillaud, parfaitement cuit, et servi avec un excellent jus vert aux herbes et un délicat sabayon au vin jaune. Avant de passer aux mignardises, celui qui fut pâtissier au Lemonnier décline son dessert en trois temps : un millefeuille au praliné, un sorbet à la framboise et un joli yaourt émulsionné, proposé avec un sorbet citron et un bel accord de saison autour de la fraise et de la rhubarbe. Robin Haquenne aime mettre les formes sans chercher à trop en faire. De quoi donner envie de faire connaître cette charmante et généreuse adresse qui possède un vrai potentiel.