Les promoteurs immobiliers qui souhaitent construire du logement étudiant à Ixelles vont devoir se trouver un nouveau terrain de jeu. La majorité PS-Ecolo a décidé de remettre un peu d'ordre en la matière, après des années de laisser-aller. Et donc de prendre quelques mesures fortes. Elles sont détaillées dans une note qui a été rédigée pendant l'été et qui reprend les grandes orientations à venir.
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Les promoteurs immobiliers qui souhaitent construire du logement étudiant à Ixelles vont devoir se trouver un nouveau terrain de jeu. La majorité PS-Ecolo a décidé de remettre un peu d'ordre en la matière, après des années de laisser-aller. Et donc de prendre quelques mesures fortes. Elles sont détaillées dans une note qui a été rédigée pendant l'été et qui reprend les grandes orientations à venir. Il faut dire qu'Ixelles, et principalement le quartier Couronne/Université, fait face à une véritable envolée des projets immobiliers ces dernières années. Quelque 2.425 chambres ont été construites entre 2010 et 2018. Sans parler des projets développés dans les communes limitrophes, le long du boulevard Général Jacques ou du boulevard du Triomphe. De quoi faire grimper le nombre total de lits étudiants à plus de 11.000 unités. Soit la plus importante commune belge en la matière. Une situation qui répond à une demande du marché - il y a de plus en plus d'étudiants - mais qui crée de nombreux déséquilibres : les prix de l'immobilier explosent et les quartiers d'habitations perdent leur identité. " Nous avons souhaité envoyer un message clair aux promoteurs et aux propriétaires fonciers, lance l'échevin de l'Urbanisme Yves Rouyet (Ecolo). Les grands projets, c'est terminé. Nous ne voulons plus d'usines à kots dans les quartiers d'habitations. Cette note d'orientation n'a pas de valeur réglementaire. Mais, validée par tout le collège, elle détaille notre nouvelle manière de travailler et notre volonté de réorganiser le logement étudiant dans la commune. " En résumé, Ixelles n'approuvera désormais plus les " grands projets de kots étudiants privés vendus ou loués à prix libre sur le marché au sein des quartiers habités classiques ", comme c'est écrit dans cette note. Même constat pour les transformations d'immeubles d'habitations classiques en complexe ne comprenant que des kots. " Un particulier pourra toutefois toujours louer une chambre pour un étudiant dans sa maison ", précise le document. La volonté du collège est désormais de concentrer les projets de logement étudiant sur les campus universitaires et sur le site des casernes. Il est aussi favorable à tous projets à loyers modérés développés par les pouvoirs publics ou les institutions d'enseignement supérieur. " Nous sommes aussi favorables aux projets de kots qui permettent de réhabiliter ou reconvertir des immeubles de bureaux ou des immeubles industriels, sans toutefois les démolir complètement. Mais il y a une condition : qu'une part de ces logements soient conventionnés avec une institution d'enseignement supérieur. " Précisons que les projets de logement étudiant qui ont déjà fait l'objet d'une demande de permis ou d'un accord tacite ne seront pas balayés d'un coup. Leur programme sera par contre revu en demandant au promoteur de mixer son projet (50% de kots, 50% d'appartements). " Le but n'est pas d'empêcher de faire du business mais d'empêcher la spéculation immobilière, fait remarquer Yves Rouyet. Cette situation a fait grimper le prix du foncier. Ce qui a des conséquences indéniables pour les projets immobiliers plus classiques. Il est également temps de développer des projets pour les étudiants qui ont moins de moyens. " Des constats qui sont d'ailleurs partagés par perspectives.brussels, qui a étudié le sujet il y a peu.