Nouveau rebondissement dans la saga des Panama Papers. Après l'ex-Dexia (aujourd'hui Belfius), c'est au tour de la banque ING Belgique d'être citée dans le méga-scandale d'évasion fiscale révélé en 2016. La filiale belge de la grande banque néerlandaise (elle-même sous le coup d'une enquête pour corruption et blanchiment aux Pays-Bas) aurait fourni des comptes offshore à des oligarques russes via sa succursale basée à Genève. C'est ce qui ressort d'une nouvelle fuite de données issues du cabinet juridique panaméen Mossack Fo...

Nouveau rebondissement dans la saga des Panama Papers. Après l'ex-Dexia (aujourd'hui Belfius), c'est au tour de la banque ING Belgique d'être citée dans le méga-scandale d'évasion fiscale révélé en 2016. La filiale belge de la grande banque néerlandaise (elle-même sous le coup d'une enquête pour corruption et blanchiment aux Pays-Bas) aurait fourni des comptes offshore à des oligarques russes via sa succursale basée à Genève. C'est ce qui ressort d'une nouvelle fuite de données issues du cabinet juridique panaméen Mossack Fonseca, au coeur des Panama Papers et dont, rappelons-le, les archives ont permis de dévoiler l'argent caché de riches particuliers détenteurs de 215.000 sociétés offshore mises sur pied entre 1977 et 2015. Selon nos confrères du journal Le Soir et du magazine Knack, à l'origine de l'information en tant que membres du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), le nom d'ING Belgique apparaît à 965 reprises dans cette dernière fuite liée aux Panama Papers. Au moins 25 sociétés offshore situées dans des paradis fiscaux seraient connectées à la banque en Belgique via la Suisse, et cela pour le compte de plusieurs clients russes. En clair, la succursale genevoise de l'entité belge aurait aidé de riches oligarques à dissimuler leurs avoirs dans des paradis fiscaux (Panama, îles Vierges britanniques). Auditionné en 2016 dans le cadre de la commission spéciale sur la première fuite des Panama Papers, l'ancien patron d'ING Belgique, Rik Vandenberghe, avait pourtant affirmé que la banque ne souhaitait pas participer à l'élaboration de constructions offshore visant à éluder l'impôt. Quel rôle a exactement joué la filiale belge du groupe néerlandais dans cette affaire ? Pour le savoir, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a demandé à l'Inspection spéciale des impôts (ISI) d'ouvrir une enquête. Notre grand argentier a également convié la direction de la banque " afin de fournir des explications ", précise-t-on au cabinet du ministre. On parle bien en effet de clients russes et de possible blanchiment d'argent. Raison pour laquelle, la Banque nationale, l'un des deux gendarmes financiers avec la FSMA, s'est elle aussi emparée du dossier, précisant que " dans son rôle de superviseur, la banque analyse toujours l'actualité et prend les cas échéant les mesures nécessaires ". Quant à ING Belgique, contactée par nos soins, la maison de l'avenue Marnix dit pour sa part " ne pas se reconnaître dans l'image qui est présentée et être pleinement engagée à se conformer aux lois, réglementions et normes éthiques en vigueur sur tous les marchés dans lesquels elle opère ".