L'inflation fait un retour fracassant. Plus de 7% en Belgique. Et comme toujours, le citoyen demande légitimement l'aide de l'Etat pour l'aider à encaisser la hausse des prix de l'énergie. Le seul hic, c'est que le même citoyen ne se rend hélas pas compte que sa demande - légitime encore une fois - va à l'encontre de ses intérêts de contribuable. Motif? Sa demande de citoyen aujourd'hui se traduira demain par des impôts supplémentaires pour le contribuable qu'il est par ailleurs. Autrement dit, c'est déshabiller Pierre pour habiller Paul, sauf que Pierre et Paul sont la même personne!
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L'inflation fait un retour fracassant. Plus de 7% en Belgique. Et comme toujours, le citoyen demande légitimement l'aide de l'Etat pour l'aider à encaisser la hausse des prix de l'énergie. Le seul hic, c'est que le même citoyen ne se rend hélas pas compte que sa demande - légitime encore une fois - va à l'encontre de ses intérêts de contribuable. Motif? Sa demande de citoyen aujourd'hui se traduira demain par des impôts supplémentaires pour le contribuable qu'il est par ailleurs. Autrement dit, c'est déshabiller Pierre pour habiller Paul, sauf que Pierre et Paul sont la même personne! Bien entendu, chacun de nous fait un tout autre calcul et c'est humain. Lequel? Nous espérons tous en effet, et votre plumitif de service se met dans le lot, qu'un autre contribuable payera in fine la facture. L'enfer - pardon, la facture - c'est toujours l'autre! D'ailleurs, on a en eu encore la preuve le week-end dernier avec la proposition de la secrétaire d'Etat bruxelloise au Logement qui demande de plafonner l'indexation des loyers pour 2022 et les années suivantes à 2%, soit bien en-dessous de l'inflation réelle. Si ce n'est pas une tentative de refiler la hausse de l'inflation des locataires vers les propriétaires, qu'est-ce que c'est? Dans l'esprit de cette politique, ni les locataires ni les propriétaires ne sont responsables de cette inflation mais il faut bien que quelqu'un l'assume. Et autant que ce soit ceux et celles qui ne votent pas pour son parti, le PS.... D'ailleurs, c'est une constante historique, chaque crise est une mite qui attaque le tissu social. Chacun essaye de faire porter à l'autre les dégâts causés par la crise car il faut être clair, comme vous le diront la plupart des économistes: aucune baisse des dépenses publiques n'aura lieu en Belgique ou alors à la marge. C'est invendable à la population, surtout après deux années d'"argent magique". Résultat: c'est avec les impôts qu'on financera les nombreuses demandes légitimes des citoyens. A l'évidence, c'est la discussion à laquelle nous assisterons au sein du gouvernement cette année, mais surtout à partir de 2023. Rassurez-vous, ce n'est pas de l'art devinatoire, c'est de la pure arithmétique. Pour paraphraser l'humoriste Anne Roumanoff, j'ajouterais que les Belges comme les Français "ont horreur des inégalités mais ils adorent les privilèges, et souvent, 'inégalités', c'est le nom que tu donnes aux privilèges des autres". Elle a tellement raison, n'importe quel politique vous le dira, essayez de vous attaquer à une niche fiscale dont bénéficie telle ou telle catégorie de la population et vous découvrirez aussitôt que devant chaque niche, il y a un chien qui aboie. Ah oui, j'oubliais, vu qu'il y a des élections importantes en 2024, l'autre possibilité à ne pas négliger, c'est que le gouvernement actuel opte pour une forme d'immobilisme. Mais le citoyen ne doit pas se leurrer, l'immobilité n'empêche pas de faire un faux pas...