On évoque beaucoup, ces temps-ci, les mesures sécuritaires draconiennes mises en place par les organisateurs de l'Open d'Australie de tennis. Mais le protocole qui permet aux grandes compétitions professionnelles de golf de se disputer en pleine période de pandémie est également particulièrement strict. L'European Tour a ainsi mis en place un cahier des charges implacable que les participants doivent suivre à la lettre sous peine d'exclusion pure et simple.
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On évoque beaucoup, ces temps-ci, les mesures sécuritaires draconiennes mises en place par les organisateurs de l'Open d'Australie de tennis. Mais le protocole qui permet aux grandes compétitions professionnelles de golf de se disputer en pleine période de pandémie est également particulièrement strict. L'European Tour a ainsi mis en place un cahier des charges implacable que les participants doivent suivre à la lettre sous peine d'exclusion pure et simple. Avant chaque tournoi, les joueurs subissent bien sûr différents tests PCR qui doivent tous s'avérer négatifs. Mais ils doivent surtout respecter un protocole très lourd avec, à la clé, un véritable isolement. Concrètement, dès son arrivée sur le site de l'épreuve, le joueur est mis sous cloche dans l'hôtel officiel qu'il ne peut quitter, sous bonne escorte, que pour aller s'entraîner. Pas question d'être accompagné par sa femme ou sa petite amie. Pas question de s'offrir un resto. Même les coaches ne sont pas les bienvenus au practice. A l'heure du dîner, c'est donc soit le room service dans la chambre soit un face-à-face, dans la salle à manger chloroformée, avec son caddie, la seule personne qui fait partie de sa bulle durant le tournoi. Certes, le golf est un sport où le respect des règles est essentiel. Mais aucun joueur n'avait évidemment imaginé de telles obligations. C'est pourtant le prix à payer pour que la petite balle alvéolée puisse continuer à rouler sur les plus beaux greens. D'ailleurs, dans les coulisses du circuit, les champions s'adaptent, bon gré mal gré, à la situation. Depuis la reprise des compétitions en juillet dernier, le rituel est le même. Tests, boulot, dodo. Mais il porte visiblement ses fruits. Tous les tournois ont pu aller à leur terme et les rares cas positifs ont tous été diagnostiqués à temps pour éviter la contagion. Dans un sport individuel où joueurs et caddies proviennent des quatre coins du monde, le défi opérationnel est gigantesque. De l'avis unanime, l'European Tour réalise un travail exceptionnel. " Les contraintes sont sévères mais nous savons combien nous sommes privilégiés de pouvoir continuer à exercer notre métier en cette période si particulière ", résume Thomas Detry. Pour certains joueurs, qui aimaient s'offrir une petite escapade en ville ou un dîner entre amis durant les tournois, le temps paraît évidemment un peu long. Et forcément, avec le masque obligatoire, l'ambiance dans les coulisses du circuit n'est plus la même. Les huis-clos imposés accentuent encore la morosité. Tout le monde espère bien sûr que la vaccination permettra petit à petit un retour à la normale. L'idée de la rendre obligatoire pour tous les accrédités de l'European Tour fait d'ailleurs son chemin. En attendant, chacun fait preuve de sagesse et de patience. En golf, ce sont deux atouts essentiels.