Ann Desender est passablement sous pression depuis la semaine dernière. Barco a rejoint le Bel 20, l'indice des actions belges les plus prestigieuses. " Notre entrée au Bel 20 est un grand honneur mais comme l'a justement formulé un collègue : même si on décroche une étoile Michelin, il faut continuer à bien cuisiner ", dit Ann Desender qui, depuis son entrée en fonction chez Barco en 2008, a exercé différentes fonctions au département finances du leader du marché en technologie de visualisation. " Quand Jan De Witte a succédé à Eric Van Zele au poste de CEO, il m'a nommée CFO. Heureusement, je pouvais compter sur une équipe compétente, ce qui a facilité le transfert de mes précédentes respon...

Ann Desender est passablement sous pression depuis la semaine dernière. Barco a rejoint le Bel 20, l'indice des actions belges les plus prestigieuses. " Notre entrée au Bel 20 est un grand honneur mais comme l'a justement formulé un collègue : même si on décroche une étoile Michelin, il faut continuer à bien cuisiner ", dit Ann Desender qui, depuis son entrée en fonction chez Barco en 2008, a exercé différentes fonctions au département finances du leader du marché en technologie de visualisation. " Quand Jan De Witte a succédé à Eric Van Zele au poste de CEO, il m'a nommée CFO. Heureusement, je pouvais compter sur une équipe compétente, ce qui a facilité le transfert de mes précédentes responsabilités ( vice-president of Finance, Ndlr) et m'a permis de consacrer suffisamment de temps aux tâches non financières qu'impliquait ma nouvelle fonction. Pour Jan, le CFO doit pouvoir jongler avec les chiffres mais aussi discuter activement de stratégie et en assurer le suivi. " Barco, dont le chiffre d'affaires dépasse le milliard d'euros depuis quelques années, a le vent en poupe. Par rapport à 2017, la valeur de l'action a doublé en Bourse, grâce en grande partie à la forte hausse des bénéfices. Desender n'a pas ménagé ses efforts ces derniers temps : " Nos marges brutes étaient bonnes mais la rentabilité opérationnelle, l'Ebitda, représentait 8% du chiffre d'affaires de 2016. Lors du Capital Markets Day de 2017, notre premier grand rendez-vous avec les analystes et les investisseurs institutionnels, Jan et moi avons clairement signifié notre intention de placer la barre plus haut et notre objectif de réaliser un Ebidtda de 12 à 14% d'ici à 2020. " L'objectif des 12% étant déjà atteint en 2018, Barco a revu ses ambitions à la hausse. L'entreprise compte réaliser une marge Ebidtda de quelque 14% en 2020. Pour y arriver, Desender entend poursuivre dans la même voie. " Il a fallu, dans un premier temps, changer la culture d'entreprise, acquérir cette volonté de placer la barre constamment plus haut. Ce qui implique des choix et l'exclusion des activités qui ne génèrent pas assez de bénéfices, voire aucun. Par ailleurs, tout est mis en oeuvre pour optimiser le dynamisme de Barco. Notre chiffre d'affaires n'a pas augmenté l'an dernier, comme prévu. Le marché des projecteurs de cinéma a connu un tassement après le pic de remplacement, mais une nouvelle vague est amorcée. Autrefois, notre rentabilité variait au gré des fluctuations du chiffre d'affaires, un phénomène que nous maîtrisons beaucoup mieux aujourd'hui. Outre le département Finances qui emploie 120 personnes de par le monde, je dirige également une équipe qui analyse nos procédures en permanence. " Fin 2018, Barco créait la surprise en annonçant la suppression de 240 emplois sur 3.600. " La concertation sociale s'est déroulée normalement, explique Ann Desender. De nombreux employés ont pu postuler pour une nouvelle fonction, ce qui a permis de limiter les licenciements secs. Le but était de simplifier notre structure. Non seulement pour relever le niveau d'efficacité mais aussi pour réinvestir les moyens ainsi rendus disponibles. "