Auteur, peintre, metteur en scène, réalisateur, Hugo Claus (1929- 2008) a mené une vie aventurière entre les genres artistiques, produisant une oeuvre vaste et multiple. Si Le Chagrin des Belges - paru en 1983 - est devenu sa référence à l'international, c'est parce qu'il fait d'une expérience intime, une narration universelle. Et une clé pour comprendre Hugo Claus qui y raconte l'enfance et adolescence d'un alter ego dans ...

Auteur, peintre, metteur en scène, réalisateur, Hugo Claus (1929- 2008) a mené une vie aventurière entre les genres artistiques, produisant une oeuvre vaste et multiple. Si Le Chagrin des Belges - paru en 1983 - est devenu sa référence à l'international, c'est parce qu'il fait d'une expérience intime, une narration universelle. Et une clé pour comprendre Hugo Claus qui y raconte l'enfance et adolescence d'un alter ego dans un petit village de Flandre-Occidentale entre 1939 et 1947. Ce roman initiatique où il est beaucoup question de nationalisme flamand et d'esprit étriqué, paraît alors que l'écrivain s'est déjà essayé à plusieurs formes de littérature - poésie, théâtre, nouvelle - mais aussi à la peinture et au cinéma. Avec moins de succès au rayon cinéma, même si son film de 1989 basé sur l'un de ses écrits, Le sacrement, est présenté à Cannes en 1990 dans la section Un certain regard. L'un des acteurs de ce long métrage, qui met en scène une réunion familiale tournant au vinaigre, est Marc Didden... commissaire de l'expo au Bozar. En la titrant Con amore, le Limbourgeois de Bruxelles marque son amour pour Hugo Claus dont il fut proche, lui consacrant un documentaire en 1994 et un livre en 2013. Comme un neveu spirituel, également marqué par la Flandre, l'écriture et le cinéma, Marc Didden a réalisé quelques films, dont le meilleur en 1983 ( Brussels by Night). Il a rassemblé des pièces rares d'Hugo Claus, comme un carnet de croquis, le manuscrit original d' Herbarium - mythique recueil de poèmes - ou une sorte de carte de la région où se déroule Le Chagrin des Belges. Marc Didden a également voulu contextualiser par autrui, ramenant au Palais des Beaux-Arts, des marines de James Ensor et Léon Spilliaert et une toile de Karel Appel, rappelant qu'Hugo Claus fréquenta le groupe CoBrA à Paris au début des années 1950. Belle idée aussi que d'avoir prévu le 19 mars une soirée où des auteurs francophones - Caroline Lamarche, Jacques De Decker, Jean-Luc Outers - participent à un décryptage de l'oeuvre d'un Belge hors norme.